Arche de Zoé : questions sur un fiasco

Christophe Ayad

Liberation, 31 Octobre 2007

L’amateurisme de l’ONG n’est pas seul en cause. Notre enquête montre que les autorités françaises savaient et ont laissé faire. Seize européens et deux Tchadiens ont été inculpés d'enlèvement de mineurs ou de complicité.

Avec l’entrée en scène de Nicolas Sarkozy, qui a «condamné» l’opération mise en place par l’Arche de Zoé, la jugeant «illégale et inacceptable», l’affaire des 103 enfants tchadiens s’est politisée. Hier matin, François Hollande, premier secrétaire du PS, a reproché à la diplomatie de ne pas avoir empêché l’opération et de se coucher devant le président tchadien. Retour sur les questions et zones d’ombre qui planent sur cette affaire.

Quel était le but de l’association ?

Tous ceux qui ont rencontré Eric Breteau, le président de l’Arche de Zoé et l’organisateur de toute l’opération au Tchad, le décrivent plus comme un exalté de l’humanitaire que comme un trafiquant d’enfants. Un homme très convaincant, un peu «allumé, limite inquiétant» mais «sincère». «Il était plus motivé par le Darfour que par l’adoption», assure Mahor Chiche, de l’ONG Sauver le Darfour, qui avait cosigné le communiqué de l’Arch