Visite de Hu Jintao au Soudan

Interview De Mahor Chiche Président De Sauver Le Darfour Europe

Dw-world.de, 02 Février 2007

- Bonjour, Mahor Chiche, pouvez vous vous présenter à nos auditeurs ?

Bonjour, je suis Mahor Chiche, Président de l’association Sauver Le Darfour Europe. Notre association est constituée sur le modèle américain de Save Darfur, elle regroupe de nombreux comités en Allemagne, Belgique, Italie et France.
Nous travaillons à faire connaître le drame du Darfour et avons interpellé les candidats à la présidentielle française et les parlementaires européens sur ce qu’ils comptent faire pour le Darfour.

- Aujourd’hui, le Président chinois Hu Jintao est en visite au Soudan peut-il contribuer à une solution à la crise du Darfour ?

Le conflit du Darfour commencé en 2003 a déjà fait plus de 300 000 morts, et 3 millions de déplacés. L’ONU a déjà voté six résolutions, mais la Chine (premier partenaire économique du Soudan) et la Russie ont toujours freiné le déploiement de Casques bleus au Darfour en remplacement de la force de l’Union africaine actuellement présente.

Sauver Le Darfour propose depuis longtemps de rallier la Chine à la mobilisation internationale, en la rassurant sur la continuité de ses exploitations pétrolières et minières au Soudan.
Si ces derniers temps, la position de la Chine a évolué, elle s’est par exemple abstenue sur le vote de la résolution 1706 ; elle demeure un soutien important du Soudan.
La Chine a un rôle à jouer dans la résolution pacifique du conflit du Darfour. Elle peut faire pression sur son allié soudanais à condition que la pression de la communauté internationale soit suffisamment forte.

- La Chine peut-elle vraiment débloquer la situation ?

La Chine est aujourd’hui à la conquête de marchés en Afrique, et les jeux olympiques de Pékin 2008 doivent servir à donner une image de grande puissance à la Chine.
La Communauté internationale doit donc se servir de cette occasion pour rallier la Chine à la mobilisation internationale.

Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon assure que Omar El Bechir va accepter une force hybride ONU/UA, or cela fait des mois que le Soudan refuse d’appliquer son engagement à accepter cette mutation de la force africaine.
L’une des clés de la sortie de crise passe par Pékin.