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Soudan: le sud se comporte en "Etat indépendant", selon Béchir

Afp, 15 Novembre 2007

Le mouvement sudiste SPLM, dont le leader Salva Kiir se trouve actuellement en visite aux Etats-Unis, "se comporte en Etat indépendant", a dénoncé le président soudanais Omar el-Béchir, cité jeudi par le quotidien indépendant Sudan Tribune.

Dans le cadre de sa visite d'une semaine aux Etats-Unis, M. Kiir, qui dirige le gouvernement semi-autonome du sud Soudan, devait rencontrer jeudi le président américain George W. Bush. Il doit notamment discuter de la façon de mettre fin aux violences dans la province du Darfour, région occidentale en proie à la guerre civile, selon la Maison Blanche.

A l'occasion de ce voyage, la représentation à Washington de son parti, le Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM), a par ailleurs réclamé --sans succès-- que M. Kiir puisse s'adresser au Conseil de sécurité des Nations unies, à New York.

"Le bureau du SPLM n'a pas le droit" d'effectuer une telle demande, a réagi le porte-parole du ministre soudanais des Affaires étrangères, Ali Sadek, cité par des médias officiels.

Le SPLM "se comporte comme un Etat indépendant", a pour sa part dénoncé le président Béchir, cité par Sudan Tribune.

Salva Kiir est premier vice-président du Soudan et les critiques de Khartoum sur cette visite aux Etats-Unis sont "inacceptables", a rétorqué le SPLM.

Le gouvernement soudanais a également affirmé ne pas avoir été prévenu de ce voyage, une affirmation contredite par le SPLM tandis que l'ambassade des Etats-Unis à Khartoum a assuré avoir organisé cette visite par le biais du ministère soudanais des Affaires étrangères.

Signé en 2005, l'accord de paix globale nord-sud (CPA) a mis fin à une guerre de 21 ans dans le sud qui a fait 1,5 million de morts et 4 millions de déplacés, épuisant économiquement le nord.

Il est cependant fragilisé depuis septembre et le gel par les sudistes de leur participation au gouvernement, pour protester contre ce qu'ils considèrent être des entraves du Parti du congrès national (CNP) du président Béchir à l'application du CPA.

Le CNP a attribué aux sudistes la responsabilité des retards dans le déploiement des troupes ou dans la délimitation des frontières.

A Washington, le leader sudiste a estimé que le CPA titubait "comme une personne ivre" mais ne s'était pas encore effondré.

"La politique américaine, qui sera sans aucun doute suivie par les Européens et le Conseil de sécurité de l'ONU, aboutira d'un point de vue pratique à une quasi-partition du Soudan", a pour sa part accusé jeudi le journal soudanais As-Sudan dans un éditorial.

Les Etats-Unis imposent des sanctions économiques au régime de Khartoum, qu'ils accusent de "génocide" au Darfour, mais aident "le gouvernement semi-autonome sudiste de M. Kiir.