Sauver Le Darfour dans le monde

Les chefs tribaux du Darfour appelés à favoriser la paix

Afrique En Ligne, 31 Octobre 2007

Le Colonel Mouammar Kadhafi a invité les dignitaires tribaux du Darfour à s'impliquer dorénavant dans la résolution des conflits dans cette province soudanaise, en proie à l'insécurité et à la guerre civile, lors de son intervention samedi à Syrte (centre de Libye) devant la séance inaugurale de la Conférence internationale sur les négociations finales sur la paix dans le Darfour.

"J'aurai espéré que cette conférence soit la dernière et qu'on laisse la question du Darfour aux Soudanais eux-mêmes, car nous ne sommes pas Soudanais plus que les Soudanais ou des Darfouriens plus que les Darfouriens eux-mêmes. Nous avons paralysé, par notre intervention, le rôle des leaders et des dignitaires tribaux qui sont capables de résoudre les problèmes de leurs tribus", a dit le guide libyen.

Le colonel Kadhafi a ajouté que les populations du Darfour se composent de plusieurs tribus qui se sont mélangés et fusionnés entre eux à tel point qu'on ne peut plus reconnaître l'un de l'autre.

Le guide Kadhafi a souligné que les conflits en Afrique sont des conflits tribaux et ne doivent ni être internationalisés ni politisés vue que les interventions internationales ne sont pas salutaires et invité la Communauté internationale à admettre cette réalité.

Le leader libyen a poursuivi que "la non paticipation de certains mouvements principaux tels que le Mouvement de libération du Soudan et le Mouvement de la justice et de l'égalité à cette conférence confirme (sa) position selon laquelle il faut laisser le règlement des conflits tribaux à leurs populations car les conflits inter-tribus ne menacent pas la paix mondiale".

Il a affirmé que la Communauté internationale n'a qu'à demander au gouvernement soudanais et aux mouvements rebelles certaines mesures bien définies et si ces mesures ne sont pas satisfaites la Communauté internationale peut alors prendre position à l'endroit de ces diverses parties et ne doit pas intervenir dans les affaires du Soudan.

"le problème du Darfour n'a pas été identifié encore. S'agit-il d'un conflit entre le gouvernement de Khartoum et les populations du Darfour ou entre les populations du Darfour elles-mêmes?. Si ce conflit est entre les populations du Darfour elles-mêmes, le gouvernement a le droit d'intervenir pour assurer la sécurité des gens sur une partie de son territoire et peut demander une aide internationale s'il le désire. Et si le conflit est entre le gouvernement soudanais d'une part et cette province d'autre part, la question demeure aussi soudano-soudanaise".

Le colonel Kadhafi s'est demandé s'il fallait organiser des conférences internationales et dépêcher des forces onusiennes à toutes les régions du monde où surgissent des problèmes ethniques ou de minorités, tels que dans la province basque, à Mindanao ou ailleurs, indiquant qu'il incombe à la Communauté internationale de traiter les questions qui pèsent sur la sécurité et la paix mondiales et non ce type d'affaire.

Le guide Mouammar Kadhafi a affirmé que le mouvement de rébellion dans la province du Darfour entre dans le cadre des tentatives des minorités ethniques, raciales et linguistiques pour s'imposer et se protéger comme c'est le cas dans plusieurs autres régions du monde tels que les basques, en Ecosse et en Irlande en Europe.

Il a souligné toutefois que ces mouvements ne sont pas des mouvements séparatistes vue que leur devenir et destin résident dans la vie au sein de grands espaces tels que l'Union africaine (UA) ou l'Union européenne ou les Etats Unis d'Amérique.

Il a, dans son analyse de la situation, indiqué que les revendications des mouvements rebelles du Darfour ainsi que dans plusieurs régions en Afrique et à travers le monde ne sont pas des revendications séparatistes et que ces revendications sont de type local, et ne sont pas dangeureuses si on essaie de les comprendre et ne conduisant pas à la désintégration de l'entité nationale du pays en question.

Le guide Kadhafi a ajouté que les groupes rebelles du Darfour entre dans le cadre de ce phénomène auquel fait face le gouvernement soudanais qui s'attache au principe de la souveraineté nationale et refuse d'y renoncer, ajoutant que cette position s'oppose à celle du droit des groupes révoltés et d'opposition à l'autodétermination et au respect des droits de l'homme, affirmant que c'est là où réside la problématique.

Il a poursuivi qu'en sa qualité de Haut médiateur permanent de la paix dans l'espace de la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN- SAD) qui regroupe environ la moitié des pays africains y compris le Soudan, il tentera de retirer le dossier du Darfour de la Communauté internationale pour le mettre dans le cadre de l'Union africaine puis de la CEN-SAD et enfin entre les mains des Soudanais.