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Arche de Zoé: gare à une répétition de l'affaire des infirmières bulgares (Bianco)

Afp, 31 Octobre 2007


Le député socialiste Jean-Louis Bianco a mis en garde mardi contre "un processus du type de celui des infirmières bulgares" à propos des Européens, dont neuf Français, inculpés au Tchad d'"enlèvement de mineurs" dans l'affaire de l'Arche de Zoé.

"Le moins qu'on puisse dire, c'est que la justice tchadienne, a priori, ne présente pas toutes les garanties d'impartialité. On peut redouter un processus du type de celui des infirmières bulgares", a déclaré à l'AFP le député des Alpes-de-Haute-Provence.

Il devait interpeller François Fillon sur cette affaire à l'Assemblée dans l'après-midi.

M. Bianco s'est intéressé à ce dossier notamment parce qu'il connaît un médecin, "tout à fait honnête et de bonne foi", le Dr Philippe Van Wynkelberg, parti là-bas dans le but d'accueillir avec sa famille un des enfants que l'Arche de Zoé voulait amener en France.

L'ex-secrétaire général de l'Elysée s'est ému "des accusations extrêmement graves" portées par les autorités tchadiennes contre les seize Européens impliqués dans l'opération, "alors qu'il n'y a aucune preuve". "Je n'ai pas entendu les autorités françaises le relever", a-t-il noté.

Le président tchadien Idriss Deby a accusé l'Arche de Zoé d'avoir perpétré "un enlèvement pur et simple" des 103 enfants, se demandant si c'était "pour les vendre ou les tuer et enlever leurs organes".

M. Bianco a vivement critiqué l'ambassadeur de France à N'Djamena, Bruno Foucher, qui "réclame que (les ressortissants français) soient jugés sur place" et n'a pas, a-t-il affirmé, répondu à ses demandes répétées d'informations.

"Il ne faut pas oublier l'assistance à apporter aux ressortissants français, qui est due", a rappelé M. Bianco.

M. Foucher avait déclaré dimanche que ceux "qui ont participé à l'ensemble de cette manipulation illégale répondront de leurs actes au Tchad".

L'ancien ministre a aussi mis en cause l'attitude du gouvernement français: "on a du mal à comprendre, si cette opération est illégale - et il semble bien que ce soit le cas - pourquoi le gouvernement n'a rien fait pour l'empêcher".

Selon lui, "il semble bien que le ministère de la Défense avait connaissance du transport" entre le Tchad et la France.

Egalement interrogé par l'AFP, l'ancien ministre de la Défense, Paul Quilès, a déclaré n'avoir "jamais vu un ambassadeur de France s'exprimer comme ça". "On n'a pas à tomber dans une surenchère. Ce n'est pas convenable".

M. Quilès a estimé que la vive réaction du président tchadien obéissait aussi à des motifs liés à la persistance d'une rébellion au Tchad tandis que se prépare une opération humanitaire d'aide aux populations du Darfour.

Il a jugé que "cette indignation forcée n'est pas sans lien avec la difficulté de la France à s'imposer dans cette région".

M. Quilès "n'arrive pas à comprendre comment le ministère des Affaires étrangères et les autorités françaises n'ont pas été plus prudentes en laissant partir cette ONG avec des objectifs qui n'ont pas dû être cachés".