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L'émissaire de l'UA pour le Darfour souhaite un cessez-le-feu

Le Point, 26 Août 2007

Le Tanzanien Salim Ahmed Salim, émissaire de l'Union africaine pour le conflit du Darfour, invite toutes les parties impliquées à s'engager à respecter un cessez-le-feu en vue des pourparlers de paix prévus en octobre.

Salim, qui se rendra à Zalengei, ville natale du fondateur du Mouvement pour la libération du Soudan (SLM, rebelle), Abdel Ouahed Mohamed al-Nour, a souligné que pour fonctionner, tout accord de réconciliation devrait être accepté par l'ensemble de la population du Darfour.

"Nous avons discuté avec le gouvernement, nous avons discuté avec les groupes (rebelles) mais ce qui importe au bout du compte, c'est qu'un accord, quel qu'il soit, soit accepté par les habitants du Darfour", a-t-il confié à Reuters lors d'une visite dans cette province de l'ouest du Soudan grande comme la France.

Nour, qui vit en exil à Paris, a refusé de s'associer aux nombreux chefs militaires et de factions qui ont accepté de revenir à la table de négociation. Le fondateur du SLM fait du déploiement effectif au Darfour de la future force de paix "hybride" Onu-UA un préalable.

Salim doit rencontrer ce dimanche à El-Geneina, chef-lieu du Darfour occidental, des responsables de tribus arabes et non-arabes. Le lendemain, l'émissaire de l'UA ira au devant de civils chassés de leurs foyers et qui vivent dans des camps à et aux abords de Zalengei.

Le Conseil de sécurité de l'Onu a autorisé l'envoi au Darfour de 26.000 militaires et policiers internationaux et africains pour mettre fin aux exactions à grande échelle commises depuis le début de la guerre en 2003 et qui ont fait 200.000 morts et déplacé 2,5 millions de personnes.

Le gouvernement de Khartoum, accusé d'encourager en sous-main les milices arabes "djandjaouides" qui sèment la terreur chez les populations négro-africaines du Darfour, multiplie depuis des mois les obstacles pour retarder l'opération de déploiement.