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Berlin veut renforcer le contrôle des investissements étrangers

Reuters, 26 Août 2007

Le gouvernement allemand examine la portée de nouvelles règles destinées à protéger les entreprises nationales contre les convoitises d'investisseurs étrangers, déclare la chancelière allemande Angela Merkel.

Berlin étudie les moyens de mettre les entreprises allemandes à l'abri des interventions des grands fonds d'investissement publics que la Chine, la Russie et certains pays du Golfe ont créés notamment pour gérer leurs réserves de changes.

Au cours d'un séminaire gouvernemental à mi-mandat réuni à proximité de Berlin, le gouvernement de coalition est tombé d'accord pour étudier une extension du champ de la législation actuelle qui ne considère comme stratégique que les activités de défense.

"Nous avons discuté d'un changement de la loi. Un groupe de travail débat de la manière de mieux protéger des intérêts nationaux, stratégiques vis-à-vis d'autres pays ou d'autres investisseurs", a déclaré Merkel lors d'une conférence à l'issue du séminaire gouvernemental.

D'autres pistes évoquées dans un document officiel consisteraient à soumettre les investisseurs étrangers qui voudraient prendre une participation importante dans des entreprises allemandes à une obligation de déclaration préalable ou encore à constituer un fonds d'investissement qui prendrait des participations dans des entreprises nationales.

La chancelière allemande a défendu les mesures envisagées soulignant qu'il en existe déjà de même nature dans d'autres pays et qu'elles ne sont pas contraires aux règles de l'Organisation mondiale du commerce.

"Nous avons regardé et il y a des lois de ce type aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France", a déclaré la chancelière. "C'est un processus assez normal qui s'accorde avec les règles de l'OMC."

"J'ai aussi parlé de cela avec le président français et nous essayons de travailler sur des mesures à l'échelle européenne", a-t-elle ajouté.

Deux poids lourds de la CDU de Merkel ont proposé l'introduction d'un droit de veto. Plusieurs représentants de la classe politique allemande ont plaidé pour que les secteurs des infrastructures, de l'énergie et des télécommunications soient considérés comme stratégiques.

Le débat sur un renforcement du contrôle des investissements étrangers a toutefois fait craindre à certains représentants des milieux d'affaires que la coalition gouvernementale n'opte pour une politique plus protectionniste.