Sauver Le Darfour dans le monde

Plusieurs pays de l’UE prêts à participer à la force hybride

Sld, 03 Août 2007

Plusieurs pays européens sont prêts à contribuer à la future force militaire ONU-Union africaine au Darfour, mais l’UE reste prudente face à une opération politiquement délicate dont les modalités techniques et financières ne sont pas encore définies.

Soutien

« C’est une éventualité que nous envisageons », a déclaré, à propos de l’envoi de soldats européens, le Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères Javier Solana. Le diplomate en chef de l’UE a cependant estimé qu’il était très difficile à ce stade de « répondre précisément » sur l’envoi d’un contingent, au lendemain du vote de la résolution 1769 des Nations unies.

M. Solana a assuré que l’UE était « prête à accroître le soutien » qu’elle apporte déjà à la mission actuelle de l’UA au Darfour, l’Amis, afin de faciliter la « transition » avec la force « hybride », l’Unamid, dont le coût de déploiement est estimé à 2 milliards de dollars. L’UE a déjà octroyé plus de 400 millions d’euros à l’Amis depuis 2004. Et elle a prévu 300 millions d’euros pour le financement des opérations de maintien de la paix en Afrique pour 2008-2010.

Envoi de militaires

Des Etats européens ont néanmoins offert dès mercredi d’envoyer leurs propres soldats. Un groupement tactique européen de 1.500 hommes originaires de quatre membres de l’UE (Suède, Finlande, Estonie, Irlande) et de la Norvège, sera disponible au premier semestre 2008. La France et les Pays-Bas se sont dites elles aussi prêtes à envoyer des soldats.

En revanche, l’Allemagne n’enverra pas de militaires en raison de ses autres engagements extérieurs, laissant toutefois à la disposition de l’Unamid les militaires allemands qui assistent aujourd’hui l’Amis. Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a rappelé que le gros des 26.000 soldats et policiers de l’Unamid serait formé d’Africains, voire d’Asiatiques, mais certainement pas d’Occidentaux.

Afrique

« Le gouvernement soudanais a toujours dit que la force hybride ONU-UA devrait être composée de soldats africains », a souligné Tom Cargill, analyste de l’Institut royal des affaires internationales basé à Londres, soulignant que dans le cas contraire, Khartoum, longtemps opposé à cette mission, pourrait y voir une « ingérence dans ses affaires intérieures ».

L’UE aura déjà fort à faire à l’automne, avec l’envoi probable d’un contingent de 1.500 à 3.000 hommes dans les deux pays voisins du Soudan les plus affectés par les troubles au Darfour, le Tchad et la République Centrafricaine, pour y appuyer une mission de police de l’ONU. De son côté, l’Otan « n’exclut pas de poursuivre en faveur de l’Unamid l’aide logistique qu’elle a fournie à l’Amis, s’il y a une demande en ce sens », a indiqué à un porte-parole.