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Darfour : les États-Unis prônent un prompt déploiement de la MINUAD

Departement Americain, 03 Août 2007

Le déploiement au Darfour (Soudan) d'une force mixte de maintien de la paix de l'ONU et de l'Union africaine (Mission conjointe des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour ou MINUAD), autorisée par la résolution 1769 du Conseil de sécurité de l'ONU, constitue une « nouvelle et unique forme de coopération », ont indiqué de hauts responsables américains. Ils ont prôné le déploiement immédiat de cette mission forte de 26.000 hommes afin de protéger les civils et le personnel humanitaire qui se trouvent dans la région.

Prenant la parole le 31 juillet, à la suite de l'adoption à l'unanimité de cette résolution, le représentant des États-Unis auprès de l'ONU, M. Zalmay Khalilzad, a fait valoir qu'elle était « la culmination d'efforts intensifs de la part de nombreux membres de la communauté internationale au cours des mois passés » et qu'il fallait la mettre en œuvre « dans les meilleurs délais ».

Le conflit au Darfour a déjà fait plus de 200.000 victimes et plus de 2 millions de personnes déplacées, bilan que M. Khalilzad a qualifié de « stupéfiant ». Les réfugiés, a-t-il fait valoir, ont besoin d'une aide immédiate car ils sont très vulnérables aux attaques, à la sous-alimentation et à la maladie, et le principal objectif du personnel et des commandants de la MINUAD sera « de privilégier la protection de la population civile du Darfour ».

« Pour les États-Unis, la brutalité avec laquelle des civils innocents sont traités au Darfour est inacceptable », a souligné M. Khalilzad. Il a indiqué que Washington avait consacré plus de 2 milliards de dollars au titre de l'aide humanitaire et de l'aide au développement à la région et que la résolution 1769 autorisait la MINUAD, en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations unies, à prendre « toutes les mesures requises (...) pour faciliter la mise en œuvre rapide et effective de l'Accord de paix pour le Darfour, en empêcher toute perturbation, prévenir les attaques armées et protéger les civils ».

Les premières forces de la MINUAD seront tirées du personnel de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) et des dispositifs d'appui initial et d'appui renforcé des Nations unies à la MUAS.

Le transfert de l'autorité de la MUAS à la MINUAD, a indiqué M. Khalilzad, « doit se produire le plus rapidement possible » car cette mission combinera les ressources de l'ONU et de l'Union africaine sous la direction d'un commandement unifié ; il doit aussi « permettre le déploiement rapide de forces supplémentaires en appui à celles qui se trouvent déjà sur le terrain ».

« Cela devrait se produire bien avant le 31 décembre 2007, et nous demandons à l'ONU et à l'Union africaine de prendre les mesures nécessaires pour accélérer la transition », a-t-il dit.

Il est impératif, a-t-il souligné, que le gouvernement soudanais et les forces rebelles coopèrent pleinement aux fins de l'application de la résolution et des autres résolutions que le Conseil de sécurité a adoptées précédemment, et qu'ils s'acquittent de toutes leurs obligations en vertu de l'Accord de paix sur le Darfour de 2006. Cet accord interdit les attaques, le harcèlement, les enlèvements, les manœuvres d'intimidation contre les civils, ainsi que toutes autres activités qui entraveraient la fourniture d'aide humanitaire et la protection des civils.

M. Khalilzad a lancé un appel au président du Soudan, M. Omar el-Béchir, pour qu'il coopère au mieux avec le déploiement de la nouvelle force de maintien de la paix, mettant en garde contre un non-respect par le Soudan des termes de la résolution ou de l'Accord de paix sur le Darfour qui entraînerait, a-t-il affirmé, « l'adoption rapide de mesures unilatérales et multinationales ».

Le Soudan doit maintenant choisir entre « le chemin de la coopération » et le « défi », a-t-il dit, ajoutant que la communauté internationale s'attendait à ce que le gouvernement de M. Béchir « prenne la bonne décision et s'engage sur la voie de la paix ».

Pour le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, la résolution 1769 « ouvre un nouveau chapitre de l'histoire du Soudan ».

Après avoir rendu hommage à la tâche accomplie par les membres de la MUAS, il a déclaré : « Il nous faut maintenant nous hâter et aller de l'avant, faire fond sur leur travail. Il nous faut mettre en place l'opération de maintien de la paix complexe et essentielle qui a été autorisée aujourd'hui. » Il a demandé aux États membres de l'ONU d'accorder tout l'appui nécessaire à la nouvelle mission au Darfour.

Selon le porte-parole adjoint du département d'État, M. Tom Casey, les États-Unis comptent payer environ un quart des coûts associés au déploiement de la force mixte dans le cadre de la quote-part qu'il leur revient de payer pour la MUAS.

Le gouvernement Bush œuvrera aussi de concert avec les membres de l'OTAN afin de voir quel appui logistique ils pourraient offrir, notamment en ce qui concerne le transport par avion des soldats de la mission, ainsi qu'ils l'avaient fait pour la MUAS.

« Nous allons aussi nous assurer que les appuis logistique et financier à la MUAS se poursuivent alors que nous nous engageons dans une période de transition », a précisé M. Casey.

Peu de temps après l'adoption de la résolution 1769 par le Conseil de sécurité de l'ONU, le Sénat des États-Unis a adopté la résolution 276 par laquelle il incite le président Bush à « travailler avec le Congrès en vue d'assurer un financement robuste pour la force mixte de maintien de la paix au Soudan et son déploiement dans les plus brefs délais ».

Le 22 juillet 2004, les parlementaires américains avaient qualifié les atrocités commises au Darfour de « génocide ».