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Darfour: les rebelles réunis à Arusha pour tenter d'unifier leurs positions

Afp, 03 Août 2007

Des mouvements rebelles du Darfour, en guerre civile depuis 2003, et des émissaires de la communauté internationale au Soudan, devaient entamer vendredi des pourparlers en vue d'unifier les factions rebelles et tenter de relancer les négociations avec Khartoum.
La rencontre, sous l'égide de l'ONU et de l'Union africaine (UA), devait débuter vers 17h00 (14h00 GMT).
Décidée lors d'une rencontre sur le Darfour mi-juillet à Tripoli, la réunion s'ouvre dans un contexte particulier, après que le Conseil de sécurité de l'ONU eut autorisé mardi le déploiement massif d'une force de l'ONU et de l'UA au Darfour (Unamid). Cette résolution 1769 de l'ONU a été acceptée mercredi par Khartoum.
"Notre objectif est de trouver une position commune (entre les factions, ndlr). Vous ne pouvez pas avoir des négociations entre d'un côté le gouvernement de Khartoum et de l'autre côté sept, huit ou neuf groupes rebelles", a expliqué vendredi à la presse à Arusha l'envoyé spécial de l'UA pour le Soudan, le Tanzanien Salim Ahmed Salim.
L'émissaire de l'ONU pour le Soudan Jan Eliasson, qui participe également à la rencontre d'Arusha, a jugé que le processus politique en vue de régler le conflit au Darfour était dans une "phase cruciale".
Il a salué la décision de déployer une force hybride ONU-UA comme "un signe fort que la communauté internationale est de plus en plus unie".
L'un des objectifs de la réunion d'Arusha est de parvenir à une position commune entre les mouvements rebelles non signataires de l'accord de paix de 2006 au Darfour, région de l'ouest du Soudan, en vue de nouvelles négociations avec le gouvernement soudanais.
La rébellion avait été lancée en 2003 par deux principaux groupes rebelles, le Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM). Depuis, ces mouvements ont connu de nombreuses scissions qui ont produit au fil des années une dizaine de groupes rebelles.
L'accord de paix d'Abuja (Nigeria) de 2006 n'a été signé que par un seul mouvement rebelle sur trois, la faction du SLM de Minni Minawi. Les deux autres ont depuis éclaté en petits groupes.
Cette réunion devrait constituer la dernière étape de la phase de pré-négociations pour une solution à la guerre civile au Darfour, qui a fait depuis 2003 quelque 200.000 morts - chiffre contesté par Khartoum - et plus de 2,1 millions de déplacés sur une population de six millions d'âmes.
Mais ces discussions d'Arusha sont déjà ternies par le boycott annoncé de l'une des principales factions rebelles.
Abdel Wahed Mohammed Nour, fondateur du SLM et actuel chef d'une faction SLM, a décidé de boycotter la rencontre, arguant que la plupart des factions n'avaient que peu de légitimité et qu'un cessez-le-feu effectif devait être une pré-condition pour le dialogue.
Par ailleurs, à la mi-juillet, cinq factions rebelles ont annoncé depuis la capitale érythréenne Asmara la création d'un nouveau mouvement - le Front uni pour la libération et le développement (UFLD) - destiné à présenter un front commun.
Dans la perspective de la réunion d'Arusha, quatre mouvements rebelles non signataires de l'accord de paix (le JEM, l'Alliance démocratique nationale (NDA) et deux factions du SLM de Ahmed Abdelchafi et Abdallah Yahia) ont indiqué avoir adopté mardi une "position unifiée".
De son côté, le porte-parole du JEM, Ahmed Hussein Adam, s'est réjoui que la décision du déploiement de la force hybride ait "ouvert la porte à un nouveau processus politique".
"A Arusha, nous allons voir comment nous pouvons tous bénéficier de ce nouveau processus, afin qu'il soit sérieux, complet et inclusif. Sur l'essentiel, je ne vois pas de différences entre les divers groupes", a-t-il dit vendredi à l'AFP.