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Darfour: Gordon Brown menace Khartoum de nouvelles sanctions

Afp, 18 Juillet 2007

Le Premier ministre britannique Gordon Brown s'est dit prêt mercredi à prendre de nouvelles sanctions contre le régime de Khartoum s'il ne met pas rapidement fin à la violence qui règne dans la province soudanaise du Darfour.
"Nous sommes prêts à prendre de nouvelles mesures contre le gouvernement (soudanais) et ceux qui appartiennent à ce régime, s'ils ne mettent pas fin à la violence, s'ils n'arrêtent pas les milices et s'ils ne font pas tout pour que les gens ait un niveau de vie correct dans une région qui a trop longtemps souffert de la pauvreté, de la famine et de la guerre", a prévenu M. Brown devant la chambre des Communes.

"Il est désormais urgent que la communauté internationale trouve un accord pour apporter les réponses adéquates", a insisté M. Brown.


Le chef du gouvernement a rappelé que la Grande-Bretagne préparait (avec le Ghana) une résolution pour autoriser le financement de la force de maintien de la paix qui doit être déployée au Darfour par l'Union africaine et l'ONU "le plus vite possible".

"Je crois qu'avant même que cette force n'arrive, il doit y avoir un arrêt des violences sur le terrain et le président (soudanais Omar el-Béchir, NDLR) a la responsabilité d'y parvenir", a ajouté M. Brown.

En échange d'un arrêt des violences, "nous serions prêts à apporter une aide économique d'urgence" aux populations du Darfour, a expliqué le Premier ministre.

Le but affiché de la communauté internationale est de remplacer l'actuelle force africaine au Darfour, composée de 7.000 hommes mal équipés et sous-financés, par cette force hybride ONU-UA.

Une fois déployée dans cette province de la taille de la France, cette force sera la plus importante mission de paix au monde actuellement : entre 17 et 20.000 soldats, majoritairement africains, près de 4.000 policiers, et une composante civile d'un millier de personnes, pour un budget estimé à un milliard de dollars par an, selon l'ONU.

Depuis le début de la guerre civile en 2003, quelque 200.000 personnes sont mortes et le nombre de déplacés a dépassé les deux millions, selon des estimations de l'ONU, contestées par Khartoum. Ce conflit a suscité une très forte mobilisation dans le monde.