Sauver Le Darfour dans le monde

Rice reproche au Soudan de mener une "diplomatie du chat et de la souris"

Le Monde, 11 Juillet 2007

La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a reproché mercredi au régime de Khartoum de mener "une diplomatie du chat et de la souris", en faisant des promesses à répétition à propos du Darfour, sans les tenir.

"La force hybride UA/ONU de maintien de la paix est essentielle pour améliorer la sécurité des habitants du Darfour, afin qu'ils puissent rentrer chez eux", a déclaré la chef de la diplomatie américaine au cours d'une conférence consacrée aux liens entre le continent américain et l'Afrique.


"Il ne faut pas laisser le gouvernement du Soudan poursuivre sa diplomatie du chat et de la souris, faire des promesses et ensuite faire marche arrière", a ajouté Mme Rice devant des délégués de l'Organisation des Etats américains (OEA) et de l'Union Africaine (UA).

"Il est de notre responsabilité de faire répondre le Soudan de ses actes", a-t-elle conclu.

"En tant que démocraties, nous devons nous montrer résolus à mettre fin aux souffrances et à la violence au Darfour", a-t-elle poursuivi. "Trop de gens sont morts, trop de femmes ont été violées et trop d'enfants arrachés à leur famille".

Le président soudanais Omar el-Béchir vient finalement d'accepter le déploiement au Darfour d'une force de maintien de la paix commune ONU/UA de quelque 20.000 hommes, après des mois de refus.

Un projet de résolution est en préparation à l'ONU pour permettre le financement de cette opération hybride qui remplacera la force africaine de 7.000 hommes sous-équipés et jugés inefficaces.

Cette force est jugée nécessaire pour stabiliser le Darfour, dans l'ouest du Soudan, où depuis le début de la guerre en 2003, quelque 200.000 personnes sont mortes et le nombre de déplacés a dépassé les 2 millions, selon des estimations d'organisations internationales, contestées par Khartoum.

Les Etats-Unis ont annoncé fin mai de nouvelles sanctions américaines contre Khartoum. Ils poussent aussi à de nouvelles sanctions internationales contre le régime de M. Béchir.

Mme Rice a souligné au cours de son allocution la nécessité pour les pays d'Afrique et d'Amérique latine de défendre la démocratie, notamment en organisant des élections libres et en luttant contre la corruption. Outre le Soudan, elle a cité plus particulièrement Cuba et le Zimbabwe.

"Nous devons apporter notre soutien au grand peuple de Cuba, qui lutte encore pour la liberté et les opportunités. Nous devons apporter notre soutien aux hommes et aux femmes du Zimbabwe, qui subissent un mauvais gouvernement et souhaitent une vie meilleure", a-t-elle déclaré.

"Parce que malgré de grands progrès et de grandes opportunités dans nos pays aujourd'hui, il y a encore de grandes et tragiques souffrances: des citoyens à qui l'on refuse tout avancement économique et toute justice sociale, des citoyens qui commencent à se demander si la démocratie peut vraiment répondre à leurs espoirs de vie meilleure", a-t-elle déclaré.

Elle a appelé les gouvernements d'Amérique du Sud et d'Afrique à "favoriser, et non gêner, les progrès sociaux et économiques de leur peuple".