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Darfour: Konaré demande une résolution à l'ONU pour la force hybride

Le Monde, 01 Juillet 2007

Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a demandé dimanche aux Nations unies d'adopter une résolution pour autoriser le déploiement de la force de paix hybride au Darfour, dans l'ouest du Soudan en guerre depuis quatre ans.

"La force hybride doit être mise en place", a-t-il déclaré à l'ouverture du 9e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA à Accra.

"Des progrès ont été faits dans la situation au Soudan avec l'acceptation par Khartoum de la force hybride (UA-Onu). Ce qui nous manque aujourd'hui c'est une résolution de l'ONU, ce sont les finances et les troupes", a-t-il lancé aux nombreux chefs d'Etat présents à Accra.

La Grande-Bretagne et le Ghana préparent une résolution pour autoriser le financement de la force de maintien de la paix au Darfour.

"J'espère présenter cette résolution (au Conseil de sécurité) cette semaine", a indiqué mercredi l'ambassadeur britannique aux Nations unies, Emyr Jones Perry.

Après des mois de pressions diplomatiques, le Soudan a finalement accepté le 17 juin le principe du déploiement d'une force hybride ONU-UA de plus de 20.000 soldats et policiers pour remplacer l'actuelle force africaine au Darfour, composée de 7.000 hommes mal équipés.

Depuis le début de la guerre civile au Darfour en février 2003, quelque 200.000 personnes sont mortes du conflit et de ses conséquences et plus de deux millions ont été déplacées, selon des estimations d'organisations internationales contestées par Khartoum.

La secrétaire générale adjointe de l'ONU, la Tanzanienne Rose Migiro, lors de la cérémonie, a souligné que "nulle part les défis de la paix et de la sécurité sont plus évidents aujourd'hui qu'au Darfour où le conflit continue à accabler un nombre important d'hommes de femmes et d'enfants".

"Le cycle tragique de la violence au Darfour a été ignoré depuis trop longtemps. On doit accorder à l'UA un immense crédit pour s'être impliqué quand personne ne voulait intervenir", a-t-elle ajouté en soulignant la collaboration étroite entre les deux institutions notamment sur l'opération hybride.

Mais, a-t-elle insisté, "il faut également chercher à résoudre les racines du conflit au Darfour (...) et apporter une solution politique à la crise".

De son côté, le secrétaire général de la Ligue des Etats arabes (LEA), Amr Moussa, a reconnu des progrès au Darfour et appelé l'UA "à jouer pleinement son rôle pour encourager les parties qui n'y adhèrent pas à rallier les négociations".

Il a également promis que la LEA continuera à soutenir financièrement la force de paix de l'UA au Darfour, l'Amis, composée de 7.000 hommes qui, à terme, seront intégrés à la force hybride.