Sauver Le Darfour dans le monde

Darfour: des organisations américaines demandent une "troïka" USA-Chine-France

Save Darfur Usa, 21 Juin 2007


La coalition d'organisations américaines Save Darfur a exhorté jeudi Washington, Pékin et Paris à "renforcer leur collaboration" à l'occasion de la réunion organisée à Paris le 25 juin, et former une "troïka" pour aider à ramener la paix dans l'ouest du Soudan.

"Ces pays sont les plus à même d'influencer le Soudan", écrit dans un communiqué Save Darfur, reprenant à son compte des recommandations du rapport daté de juin 2007 d'Enough, un de ses membres.

Les Etat-Unis, la Chine et la France ont un "objectif commun": "améliorer la stabilité dans la région, qui garantira la sécurité des réserves de pétrole soudanais, et réduire le risque de faillite de l'Etat et par là-même les risques de terrorisme", poursuit le texte.

Selon Enough, cette troïka doit notamment soutenir un nouveau processus de paix pour le Darfour et rendre effectif le déploiement d'une force hybride UA/ONU de 20.000 hommes que vient d'accepter Khartoum.

Selon l'organisation, Paris a "un intérêt majeur" dans la stabilité du Soudan, dont les frontières occidentales jouxtent celles de deux pays alliés: le Tchad "qui sert de base arrière aux rebelles du Darfour", et la Centrafrique.

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui s'est récemment rendu au Tchad et au Soudan, a fait de la crise au Darfour "une priorité".

Les autorités américaines, qui ont dénoncé un "génocide" au Darfour, sont elles soumises à "une pression politique intérieure croissante", poursuit le rapport.

Quant à Pékin, le principal allié de Khartoum, il "devient de plus en plus sensible à l'opinion publique internationale" à l'approche des jeux olympiques 2008, juge Enough. "Il perçoit la pression de la communauté internationale pour (...) utiliser son influence en coulisse sur le gouvernement du Soudan".

La Chine fournit des armes au Soudan et achète plus de la moitié de sa production pétrolière.

Les Etats-Unis, représentés par Condoleezza Rice, la Chine, la Russie ou encore le Japon, doivent notamment participer à la réunion du 25 juin à Paris sur le Darfour.

Quelque 200.000 personnes sont mortes depuis février 2003 au Darfour selon l'ONU et plus de 2,1 millions d'autres ont été déplacées. Ces chiffres sont contestés par Khartoum.