Sauver Le Darfour dans le monde

Darfour: des prix Nobel de la paix appellent l'UE à prendre des sanctions

Afp , 05 Juin 2007

Les prix Nobel de la paix Jody Williams et Desmond Tutu ont plaidé mardi au Parlement européen pour l'imposition de sanctions contre Khartoum, qui refuse toujours le déploiement d'une force de paix de l'ONU dans la région soudanaise du Darfour en proie à la guerre civile.

"Je demande à l'UE d'être très active pour essayer d'isoler le Soudan, économiquement et politiquement, comme avait été isolée l'Afrique du Sud pendant l'Apartheid et comme devrait être isolée la dictature militaire en Birmanie", a déclaré au Parlement européen à Bruxelles Jody Williams, qui a dirigé la mission spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU au Darfour.

Le rapport de cette mission, publié en mars, accuse Khartoum d'avoir "orchestré" des crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour (ouest du Soudan).

Mme Williams a ainsi appelé les 27 à prendre des sanctions unilatérales contre Khartoum, sans attendre un accord à l'ONU rendu difficile par le soutien de la Chine au régime soudanais.

"Je ne pense pas que l'UE devrait attendre un consensus illusoire au Conseil de sécurité de l'ONU (...) N'attendez pas le reste du monde!", a-t-elle ajouté.

L'archevêque sud-africain Desmond Tutu a de son côté prôné une "approche de la carotte et du bâton" contre le gouvernement soudanais.

"Laissez-moi souligner que je soutiens de tout mon coeur l'imposition, contre l'intransigeance, de sanctions ciblées spécifiques contre Khartoum", a-t-il déclaré, sous les applaudissements des eurodéputés.

Il a appelé l'UE et la communauté internationale à demander trois choses au gouvernement soudanais: "un, l'acceptation de la force de maintien de la paix de l'ONU, deux le désarmement des (milices arabes) Janjawids, trois l'accès de l'aide humanitaire".

Ensuite, il faut fixer une "date limite" à Khartoum pour appliquer ces trois engagements et "si d'ici cette date limite, ces trois choses sont faites ou en passe d'être faites, alors nous appellerions à la suspension des sanctions", a estimé Desmond Tutu.