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Darfour: Sarkozy arbitrera avant le G8 sur des "propositions" de Kouchner

Afp, 04 Juin 2007

Nicolas Sarkozy a demandé au ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner de lui faire "un certain nombre de propositions" sur le Darfour en vue d'un "arbitrage avant le G8", a déclaré lundi le porte-parole de l'Elysée.

M. Sarkozy sera le rapporteur du dossier du Darfour auprès de ses pairs lors du sommet d'Heiligendamm (6-8 juin), dans le nord-est de l'Allemagne.

"Le président de la République a demandé à Bernard Kouchner de lui faire un certain nombre de propositions. Ce dernier les lui présentera très rapidement pour arbitrage avant le G8", a dit M. Martinon lors d'un point de presse, ce qui laisse entendre que l'idée de "corridors humanitaires" n'était pas encore définitivement arrêtée.

M. Kouchner a proposé la semaine dernière aux chefs de la diplomatie du G8 la mise en place de "corridors humanitaires" pour assister les populations du Darfour, une initiative critiquée par les ONG qui préfèrent les efforts diplomatiques aux options militaires.

"Nous ne pouvons plus nous résigner à être les témoins de l'horreur. Il faut maintenant agir après le temps de l'indignation", a dit le porte-parole de la présidence, en présentant la position française au sommet.

"L'urgence est à la fois humanitaire et sécuritaire mais la solution est politique", a-t-il souligné.

Le conflit, qui oppose depuis février 2003 l'armée soudanaise et les milices janjawids d'un côté et des groupes rebelles de l'autre, a fait plus de 200.000 morts, victimes de la guerre civile mais aussi de la faim et des maladies, ainsi que plus de 2 millions de déplacés, selon l'ONU.

"La priorité, c'est d'abord la sécurisation de l'accès à l'aide humanitaire. L'urgence est aussi sécuritaire parce que nous devons impérativement renforcer la force de l'Union africaine (UA) et obtenir le déploiement de la force hybride" UA-ONU qui devrait totaliser plus de 20.000 hommes.

"Mais, bien sûr, la solution à ce conflit est politique et c'est pourquoi le président de la République insistera sur la nécessité de favoriser la reprise d'un processus de négociation pour arriver à un véritable accord de paix entre toutes les parties", a déclaré M. Martinon.