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Darfour : trois étapes pour arriver à des négociations politiques

Cyberpresse, 19 Mai 2007

L’Envoyé spécial des Nations Unies pour le Darfour, Jan Eliasson, estime qu’il fallait trois trois étapes pour arriver à des négociations politiques efficaces et à une cessation des hostilités dans la province soudanasie du Darfour ravagée par quatre ans de guerre, a rapporté vendredi le Centre de nouvelles de l’ONU.
La première est de réunir les initiatives parallèles de l’ONU, de l’UA et de pays voisins comme l’Erythrée ou la Libye vers un " processus convergent".

Ensuite, les prénégociations avec toutes les parties, rendues extrêmement complexes par le grand nombre de groupes rebelles et la difficulté de les identifier et de se mettre en contact avec eux, doivent aboutir à un engagement à renoncer à une solution militaire à la question, en faveur d’une solution politique. A partir de là, les négociations pourront avoir lieu, a indiqué M. Eliasson.

Avec Salim Ahmed Salim, son homologue de l’UA, M. Eliasson parcours le Soudan et la région depuis plusieurs mois : quatre visites à Khartoum, trois au Darfour et des visites à Juba, capitale du Sud-Soudan, au Tchad, en Libye, en Erythrée, en Egypte et auprès de la Ligue des Etats arabes.

"Nous avons maintenant une nouvelle dimension dans ce conflit. Après les tueries massives qui ont eu lieu en 2003 et en 2004, c’est maintenant la violence tribale qui fait plus de victimes que la compétition pour les terres à l’origine des conflits", a affirmé M. Eliasson.

Jan Eliasson s’est en outre inquiété de "la radicalisation de la situation dans les camps de déplacés et de réfugiés et de la frustration qui s’y développe". Cet état de fait exige que tout accord conclu soit approuvé par la société civile, les chefs de tribu et les déplacés dans les camps.
Selon lui, le relatif échec de l’accord de paix pour le Darfour signé à Abuja en mai de l’année dernière s’explique par le fait que ces franges de la population soudanaise n’y ont pas été suffisamment associées.

Par ailleurs, Jan Eliasson a souligné la nécessité pour les groupes rebelles de se coordonner, à défaut de s’unir, dans trois domaines essentiels pour parvenir à la paix : le partage du pouvoir, le partage des richesses et la sécurité.

Il a estimé que l’organisation d’une réunion entre groupes rebelles proposée par le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) qui a signé le 9 janvier 2005 avec le gouvernement de Khartoum un accord de paix mettant fin à une guerre civile vieille de 21 ans dans le sud du Soudan, était une initiative encourageante.
Le refus de négocier s’explique parfois par les réticences de certains groupes à se baser sur l’Accord d’Abuja et même des réticences à travailler avec l’Union africaine, a expliqué l’Envoyé spécial.

L’Envoyé spécial a rappelé que l’origine des conflits étaient liée à des tribus de bergers arabes contraints à descendre vers le Sud pour échapper au désert, ce qui a provoqué des luttes et des combats pour les ressources naturelles déjà faibles de la province avec des ethnies différentes.