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Darfour: un responsable soudanais met en garde contre la stratégie chinoise

Ap, 17 Mai 2007

Le vice-gouverneur de la Banque centrale du Soudan, Elijah Malok Aleng, a averti jeudi que les investissements de la Chine dans le secteur pétrolier soudanais pourraient aggraver la crise au Darfour.

"Ils (les Chinois) peuvent avoir de bonnes intentions mais quand on exploite les ressources pétrolières, qu'on les vend et que rien ne va à la population, on finance alors la guerre", a dit cet ancien membre de l'opposition au régime de Khartoum à des journalistes, en marge des assembléees générales de la Banque africaine de developpement a Shanghai.

"Si la Chine continue à produire du pétrole sans se préoccuper de ce qui arrive aux populations, des armements pourront être achetés avec les ressources ainsi générées", a ajouté le responsable.

"Nous avons invité les Chinois à investir dans l'industrie pétroliere mais nous leur conseillons d'investir dans l'aspect humain (...) Les populations locales vont vouloir des retombées en termes de services sociaux et nécessités de base. Elles vont vouloir leur part du gâteau", a dit Elijah Aleng.

"Dans le sud, nous sommes en train de discuter avec la Chine de cet aspect humain", a-t-il indiqué.

Mardi, le président de la Banque d'import-export chinoise, Li Ruogu, avait affirmé que la présence de la Chine au Soudan jouait en faveur d'un réglement pacifique de la crise au Darfour, notamment par les retombées économiques sur la population.

La Chine, de loin le premier acteur économique étranger au Soudan, est considérée comme l'un des pays les plus influents sur Khartoum et fait partie de ceux qui s'opposent à des sanctions de l'ONU contre ce pays.

"Il serait bien que la Chine modère son influence sur le Soudan (...) nous aimerions que son droit de vote à l'ONU soit utilisé de manière à créer l'harmonie au Soudan", a encore dit le responsable de la Banque centrale soudanaise.

Le conflit, qui sévit depuis plus de quatre ans au Darfour, a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres contestés par le Soudan, qui parle de 9.000 morts.