Sauver Le Darfour dans le monde

Toujours l’urgence au Darfour

La Voix Du Nord, 12 Mai 2007

Les djandjawids, littéralement « cavaliers diaboliques », attaquent les villages, brûlent les maisons, violent les femmes, arrachent les bébés à leurs mères et tuent les hommes. Ces massacres, et les déplacements de population qui s’ensuivent, avaient fait dire à Kofi Annan, alors secrétaire général de l’ONU, que le Darfour était « l’enfer sur terre ». Si actuellement, il n’y a plus de massacres de l’ampleur de ceux de 2004, des centaines de civils sont encore tués chaque mois et des humanitaires – ils sont 13 000 – sont attaqués.
Ce conflit a débuté en février 2003 dans cette région du continent africain grande comme la France située à l’ouest du Soudan. Des factions rebelles ont pris les armes contre le régime du président Omar el-Béchir qui, même s’il s’en défend, s’appuierait sur les sinistres cavaliers pour mener sa répression.

Intérêts chinois

Si les États-Unis ont rapidement parlé de génocide et l’ONU de crimes contre l’humanité, la Chine et la Russie n’ont cessé de freiner des quatre fers toute intervention de la communauté internationale. Aujourd’hui, 7 000 hommes de l’Union africaine tentent de ramener un semblant de sécurité, mais ils manquent de moyens. En août, une résolution de l’ONU a été adoptée, prévoyant le déploiement de 20 000 hommes. Mais le gouvernement soudanais a traîné les pieds, pour finalement accepter en avril le déploiement de... 3 000 hommes. Sous pression, la Chine vient d’annoncer qu’elle y participerait. Une avancée accueillie avec un optimisme prudent. Beaucoup continuent de réclamer des sanctions voire, à l’extrême, une intervention hors du cadre de l’ONU. Au regard de ce qui s’est passé en Irak, cette position divise. •