Sauver Le Darfour dans le monde

La Chine des deux côtés à la fois

Radio Canada, 08 Mai 2007

La Chine a confirmé, mardi, qu'elle allait finalement participer à l'effort de paix international au Darfour.

Cependant, le ministère chinois des Affaires étrangères s'est refusé à préciser le nombre exact d'ingénieurs qui seront envoyés au Darfour, de même que la date de leur déploiement.

La mission à laquelle prendront part les techniciens chinois a été autorisée du bout des lèvres, voilà quelques semaines, par le président soudanais. Si la communauté internationale voulait porter à plus de 20 000 le nombre de Casques bleus au Darfour, Khartoum n'a accepté que l'envoi d'une « force hybride » de l'ONU et de l'Union africaine de 3000 hommes pour appuyer les 7000 soldats africains actuellement déployées, sans aucun succès, dans cette région.

Pékin, premier importateur de pétrole soudanais, a été à plusieurs reprises accusé de se cacher derrière son grand principe de non-ingérence pour continuer de faire des affaires avec des régimes répressifs comme celui du président soudanais Omar El-Béchir.

Une pléiade de rapports de grandes organisations non gouvernementales comme Amnistie internationale (AI) ont prouvé, ces dernières années, que des armes vendues entre autres par la Chine sont employées par l'armée soudanaise et ses alliés pour attaquer des civils dans la région du Darfour.

Selon un rapport d'AI publié mardi, les ventes d'armes chinoises au Soudan ont atteint, en 2005, quelque 24 millions de dollars. Pékin, qui se défend de passer outre un embargo international en soutenant avoir une politique très stricte en matière de ventes d'armes, aurait aussi vendu pour près de 57 millions de dollars de pièces et d'équipements aéronautiques.

Pékin a catégoriquement nié les allégations d'Amnistie Internationale, estimant que le rapport est « sans fondement ». La Russie, elle aussi ciblé par AI, a aussi nié avoir vendu pour plusieurs millions de dollars d'armes diverses au gouvernement soudanais en 2005.

La communauté internationale tente depuis plusieurs années d'isoler le gouvernement soudanais afin de le forcer à mettre un terme à ses exactions au Darfour. Plusieurs analystes du conflit, dont AI, craignent que le Soudan, tant qu'il se sentira appuyé par des grandes puissances comme la Chine, n'acceptera pas de faire taire les armes.

À l'occasion d'une récente mission économique chinoise au Soudan, en novembre dernier, Amnistie internationale notait que les relations économiques de la Chine avec le Soudan avaient affecté, pour le pire, la question des droits de la personne dans ce pays.