Sauver Le Darfour dans le monde

Soudan. Les auteurs présumés de crimes de guerre doivent être traduits devant la Cour pénale internationale

Amnesty International Belgique, 04 Mai 2007

Amnesty International a salué, ce mercredi 2 mai 2007, la décision de la Cour pénale internationale de décerner des mandats d’arrêt à l’encontre de deux Soudanais, criminels de guerre présumés ; l’organisation a demandé au gouvernement soudanais de procéder à l’arrestation des deux hommes et de les remettre à la Cour pénale internationale de La Haye.

Ahmad Harun, actuel secrétaire d’État aux affaires humanitaires et Ali Muhammad Ali Abderahman (alias Ali Kushayb), chef Janjawid connu, ont à répondre de 51 chefs d’accusation pour présomption de crimes contre l’humanité et crimes de guerre ; ils sont accusés de meurtre, persécution, destruction de biens, pillage, viol, torture, atteintes à la dignité de la personne et autres actes inhumains.

« Le Conseil de sécurité des Nations unies doit maintenant exiger du Soudan – ou de tout autre État sur le territoire duquel se trouveraient les deux suspects – qu’il procède à leur arrestation et les remette immédiatement à la CPI, a déclaré Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d’Amnesty International. Une demande doit également être adressée et des moyens attribués à la Mission des Nations unies au Soudan (MINUS) pour qu’elle procède à l’arrestation des deux hommes et les remette à la CPI. »

Amnesty International demande instamment à l’Union africaine de faire pression sur le gouvernement soudanais pour qu’il arrête les deux hommes et les remette à la CPI ; l’organisation demande également à l’UA de donner instructions à ses forces présentes au Darfour d’agir de même si les deux hommes sont repérés dans leur zone d’intervention.

En outre, Amnesty International appelle le gouvernement soudanais et les autres gouvernements à mener des enquêtes et engager des poursuites conformes aux normes internationales pour les crimes de guerre et crimes contre l’humanité ne faisant pas l’objet de poursuites au niveau de la CPI ; l’organisation leur demande de veiller à ce que les victimes et leurs familles puissent demander et obtenir réparation.

Ali Kushayb serait actuellement détenu au Darfour, dans l’attente d’un procès. Aucune certitude n’existe quant à la capacité et la volonté du gouvernement soudanais d’engager réellement des poursuites contre lui dans cette affaire.

« La décision prise ce jour par la CPI est un important pas en avant, qui donne une indication sur la façon dont la communauté internationale compte agir vis-à-vis du Soudan en ce qui concerne les atteintes flagrantes aux droits humains commises dans le Darfour, a déclaré Erwin van der Borght. « Il n’est désormais plus considéré comme suffisant de mener des négociations politiques sur le renforcement des troupes de maintien de la paix présentes au Darfour et d’essayer de prolonger les pourparlers de paix. Des mesures concrètes doivent également être prises dans l’immédiat pour que les auteurs présumés des crimes perpétrés contre la population du Darfour soient amenés à rendre des comptes.

« Réclamer justice maintenant pour la population du Darfour n’empêchera pas de continuer à rechercher une solution politique – mais permettra au contraire que cette solution, une fois trouvée, soit durable . »