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Des paras français aux portes du Darfour

Nouvel Observateur, 24 Mars 2007

D'après Libération, l'armée française aurait conduit une opération aéroportée début mars en Centrafrique, en soutien aux forces du pays contre un mouvement rebelle.

Des soldats français près de la ville de Birao, dans le nord-est de la Centrafrique, le 11 février 2007 (Sipa)
Dans son édition du vendredi 23 mars, le quotidien Libération révèle que des "paras français" auraient sauté à la frontière du Darfour, au début du mois de mars. Il s'agit d'une opération "exceptionnelle" pour l'armée française, qui n'était plus intervenue de manière aéroportée en Afrique depuis 1978, au Zaïre.
Selon les informations du quotidien, "plusieurs dizaines de parachutistes ont été largués sur la ville de Birao, dans le nord-est de la Centrafrique". Dans cette région, à la frontière du Tchad et du Soudan, les rebelles de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) affrontent les forces armées centrafricaines (Faca), soutenues par la France.

Opération secrète

D'après Libération, cette opération aurait été tenue secrète par l'Elysée, afin d'éviter que la politique africaine ne s'invite dans la campagne présidentielle française.
Toujours selon le quotidien, une première opération aéroportée a été lancée le 3 mars, avec "dix chuteurs" français. Le 6 mars, "plusieurs dizaines de parachutistes sont à leur tour largués dans la région, en particulier sur la piste d'aviation de Birao, à une dizaine de kilomètres de la ville". Le bilan humain de cette opération est incertain, mais Libération évoque "au moins 6 morts et 18 blessés dans les Faca et un nombre inconnu de morts chez les 'rebellesé de l'UFDR". Aucune victime n'est en revanche à déplorer côté français.

Le quotidien s'interroge aussi sur les objectifs de cette opération. "Que font ces militaires français dans ce coin perdu de la Centrafrique, à plus d'une semaine de route de la capitale Bangui ?", demande le journal, avant de rappeler que la France et le Centrafrique sont liés, depuis l'indépendance de cette ancienne colonie, par un accord de défense "très sélectif".