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Le président rwandais sonne l'alarme sur le Darfour

L'express, 03 Mai 2007

Les troupes de l'Union africaines au Darfour ne sont utilisées qu'au tiers de leurs capacités à cause du manque de financement, estime le président rwandais Paul Kagame dans un entretien accordé mercredi à Reuters.

Il exprime sa frustration devant l'incapacité de la communauté internationale à régler le conflit, qui dure depuis quatre ans au Darfour, et menace de retirer le contingent rwandais qui représente 2.000 des 7.000 hommes envoyés sur place par l'Union africaine.

Au moins 200.000 personnes ont été tuées et plus de 2,3 millions d'autres ont été déplacées depuis le début de ce conflit que les Etats-Unis qualifient de génocide.

Depuis 2004, des troupes de l'Union africaine stationnent dans cette région de l'ouest du Soudan.

"Quel est l'intérêt de les y maintenir assis au soleil, pour ne pas faire ce que nous attendons d'eux, c'est-à-dire soutenir la population du Darfour qui souffre", se demande-t-il.

"Je sonne l'alarme. Rien ne va. La communauté internationale doit agir, et si elle ne le fait pas, alors notre présence n'a plus d'objet."

Il se refuse cependant à fixer un ultimatum correspondant à un retrait de ses troupes.

"Nous mettons des hommes sur le terrain, mais ils ne sont pas utilisés au maximum de leur capacité", s'insurge l'ancien leader du Front patriotique rwandais qui avait reconquis Kigali après un génocide faisant plus de 800.000 victimes parmi la population de l'ancienne colonie belge.

"Au mieux, ils sont utilisés à 30% de leur capacité. Si on leur avait donné les bons outils au bon moment, alors les 70% restant auraient été employés à bon escient. Cela n'a pas été le cas", regrette le président rwandais.

Selon lui, le régime de Khartoum n'est pas seul responsable de la situation.

"Il y a trois acteurs majeurs: les Nations unies, l'Union africaine, et le gouvernement soudanais. Les trois sont à blâmer. Il faut les réunir et trouver une solution."