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Soudan / Darfour : la communauté internationale doit être ferme et exercer une pression sur les autorités soudanaises

Tv5, 24 Avril 2007

(Quelle est la position de la France sur la nouvelle résolution du Conseil de sécurité à propos du Darfour ?)

Ce point a été débattu hier au conseil Affaires générales et Relations extérieures à Luxembourg. Je crois qu'il y a deux aspects importants à souligner.

D'abord, comme nous l'avions déjà dit, un certain nombre d'engagements ont été pris par les autorités soudanaises, notamment pour la mise en oeuvre de ce que nous appelons le soutien renforcé de l'ONU à la force africaine.

Nous considérons que la priorité immédiate est de soutenir les efforts de médiation et de laisser un espace à une possible négociation diplomatique. De ce point de vue, nous soutenons notamment les efforts de M. Eliasson qui se trouvait hier à Luxembourg pour en parler avec les ministres européens des Affaires étrangères.

Deuxièmement, nous considérons que le temps est compté et que la communauté internationale doit maintenir une attitude de fermeté et doit exercer une pression sur les autorités soudanaises. C'est pour cela que nous sommes disposés à poursuivre les discussions, à New York, sur de nouvelles mesures, de nouvelles sanctions vis-à-vis du Soudan.

(Quand vous dites qu'il faut mettre la pression et quand vous parlez de continuer sur la voie diplomatique, cela veut-il dire qu'il y a une autre alternative, une solution militaire, par exemple, ou une résolution prenant des sanctions militaires ?)

Il y a différentes idées qui ont été avancées. Tout dépend de ce que l'on entend par option militaire. Ce qui est prévu, c'est le déploiement de la force hybride. C'est à cela que nous travaillons. Tout le monde travaille dans cette perspective, y compris les Américains. M. Negroponte revient du Soudan et il travaille toujours dans cette même optique. Simplement, nous considérons que, d'un côté, il faut laisser un espace au dialogue politique et que, d'un autre côté, il faut continuer à travailler sur un possible renforcement des sanctions, dans l'hypothèse où les autorités soudanaises ne donneraient pas suite à leurs engagements.

(L'option militaire peut-elle être utilisée comme moyen de pression ?)

Encore une fois, je ne vois pas très bien ce que vous mettez derrière cette ''option militaire'', c'est ce qui me gêne. Nous sommes dans un processus diplomatique. Nous travaillons dans l'optique du déploiement de cette force hybride et, par ailleurs, nous travaillons également à un possible renforcement des sanctions. Il n'y a donc pas d'option militaire sur la table.

(On peut peut-être préciser ce que l'on entend par option militaire.

Il s'agit d'une proposition britannique de ''No fly zone'' au-dessus du Darfour.)

Cela consisterait à prévoir des mesures de surveillance renforcée de l'espace aérien. C'est très spécifique comme type de mesure. C'est en cours de discussion. Je ne crois pas qu'il y ait de décision à ce sujet. Il faut voir si c'est une option envisageable, si c'est une option praticable et si c'est une option utile.

(Cela rappelle des souvenirs.)

Chaque situation est différente et je crois qu'il faut se garder de faire des parallèles.