Sauver Le Darfour dans le monde

« Et pourquoi notre image ne servirait-elle pas le Darfour ? »

Le Bien Public, 23 Mars 2007

Antoine Munoz, directeur de l'hôtel Sofitel-La Cloche de la place Darcy, à Dijon, se mobilise avec son personnel, en partenariat avec la LICRA, SOS-Racisme et l'association Sauver Le Darfour, pour venir en aide aux victimes de la guerre dans cette région d'Afrique et faire connaître leur situation.

Le Bien public-les Dépêches. - Quel lien peut-il y avoir entre un hôtel de luxe et l'une des régions les plus pauvres de la planète ?
Antoine Munoz.

- « Avec les chefs de service, nous discutions de notre envie commune de mener une action citoyenne. Et nous avons été plusieurs à évoquer le Darfour : il s'y passe des choses graves dont on entend peu parler. On s'est dit : ''On peut être un relais''. On en a parlé au personnel. Il y a eu une vraie adhésion. Alors nous avons contacté la LICRA, Sos-Racisme, et nous avons fait venir Mahor Chiche, de l'association Sauver le Darfour, et Marc Lavergne du CNRS, qui est un spécialiste de cette région du monde, pour une conférence devant le personnel. Vingt-cinq pour cent du personnel y ont assisté, ce qui est fort honorable compte-tenu des repos et des nécessités du service. »

BP-LD. - L'action se limite-t-elle à l'information du personnel ?

A. M. - « Pas du tout. A partir de ce vendredi 23 mars, nous vendrons chaque jour une fleur à ceux qui le souhaitent, durant une semaine. Il n'y a pas de prix fixé. Les gens donnent ce qu'ils veulent. Et chaque jour nous proposerons une fleur différente. C'est pour nos clients, bien sûr, mais aussi pour tous les Dijonnais qui le souhaitent. Ils peuvent se présenter à la réception de l'hôtel et demander à acheter une fleur. Ils seront très bien accueillis ! L'argent récolté sera remis à l'association Action contre la faim, l'une des rares ONG encore présentes au Darfour. La preuve que le sujet ne laisse pas indifférent : notre fleuriste nous a offert la première livraison, à titre de participation. »

BP-LD. - Cette opération marque-t-elle le début d'une série, au profit d'autres causes ?

A. M. - « Je ne le sais pas. Mais ce que je peux affirmer, et avec moi tout le personnel, c'est que les droits de l'homme ne sont l'apanage de personne. Ca n'est pas parce que nous sommes un hôtel de luxe que nous sommes indifférents à ceux qui souffrent dans le monde. Nous sommes des humains avant d'être des hôteliers de luxe ! »

Pour obtenir des renseignements sur l'opération : tél. 03.80.30.12.32.