Sauver Le Darfour dans le monde

Louise Arbour lance un appel à la mobilisation pour le Darfour

L'express, 14 Mars 2007

Les "crimes massifs" commis au Darfour doivent cesser, tel est le message que la communauté internationale doit transmettre aux autorités soudanaises, a estimé Louise Arbour, haut commissaire de l'Onu aux droits de l'homme, selon laquelle la mobilisation de l'opinion est essentielle.

"La première mesure est (...) de garantir que le public est bien informé et précisément informé au sujet de ce qui se passe sur le terrain et que les gouvernements fassent collectivement savoir au gouvernement du Soudan qu'ils s'attendent à voir cesser ce que se passe au Darfour, à voir cesser les attaques contre les civils", a dit Louise Arbour, interrogée par Reuters TV à Genève, où se tient la session annuelle du Conseil des droits de l'homme.

"La mobilisation de l'opinion publique est absolument essentielle", a souligné la juriste canadienne.

En quatre ans, le conflit du Darfour, région désertique de l'ouest du Soudan, a fait 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés.

Dans un rapport publié lundi, une mission mise sur pied par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies accuse le gouvernement soudanais d'avoir orchestré des crimes relevant du droit international et d'y avoir pris une part active.

UN RAPPORT "TRÈS ÉDIFIANT"

Récusant ses conclusions, Khartoum a imputé la poursuite des violences aux mouvements rebelles qui ont refusé de s'associer à l'accord de paix conclu l'an dernier.

Jugeant ce rapport "très édifiant", Louise Arbour a estimé qu'il donnait corps aux signes de plus en plus nombreux qui témoignent de l'existence "de crimes massifs contre l'humanité".

"Il revient au Conseil des droits de l'homme de décider quelle réponse apporter au rapport et qu'elle initiative il entend adopter", a-t-elle poursuivi.

Le débat sur la qualification de génocide, défendue par Washington, ne doit, selon elle, pas éclipser les procédures engagées par la Cour pénale internationale (CPI), qui a convoqué le mois dernier un membre du gouvernement soudanais et un chef de milice.

"La différence entre un génocide et des crimes contre l'humanité tels que l'extermination, le meurtre, le viol, la torture et les persécutions dépend s'ils visaient un groupe ethnique spécifique.

"Cela ne réduit pas l'étendue des peines infligées à la population civile prise pour cible. Les crimes contre l'humanité peuvent avoir la même gravité que le génocide", a souligné l'ancienne procureur en chef du Tribunal pénal international de La Haye.