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Darfour:Bachir veut imposer des restrictions à la force de l'Onu

Reuters, 13 Mars 2007

Le président soudanais Omar Hassan al Bachir veut restreindre les mouvements de l'Onu au Darfour, limiter les survols d'hélicoptères et interdire la police internationale des zones contrôlées par son gouvernement.

Les services des Nations unies ont distribué lundi une traduction d'une annexe de 14 pages à la lettre de l'homme fort de Khartoum reçue lundi au siège de l'organisation à New York.

Dans cette lettre, Bachir y contestait le projet de l'Onu de déploiement d'une force internationale plus conséquente au Darfour, région occidentale du Soudan où la guerre a fait depuis quatre ans 200.000 morts et deux millions et demi de réfugiés.

Le document diffusé lundi réfute point par point le projet des Nations unies de renforcer la force d'observateurs militaires de l'Union africaine actuellement sur place.

"Cette lettre est une grande déception", a déclaré l'ambassadeur britannique aux Nations unies, Emyr Jones Parry. "C'est un recul très important, qui équivaut à réclamer une renégociation de certains des points" déjà conclus.

Bachir a adressé ce courrier en réponse à une lettre du secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon datée du 24 janvier et détaillant les modalités du renforcement de la force de 7.000 hommes déployée par l'Union africaine.

Son plan prévoit l'envoi d'une équipe onusienne intérimaire de 3.000 hommes, principalement des hommes du génie, pilotes, logisticiens et unités médicales chargés de préparer le déploiement d'une force militaire conjointe UA-Onu de plus de 22.000 soldats et policiers.

Mais Bachir a souligné qu'il ne discuterait pas d'un déploiement plus large tant que l'accord intérimaire sur la présence actuelle de l'UA serait en place.

Le président soudanais souhaite limiter la présence d'hélicoptères d'attaque à la protection des forces de l'UA et non à celle des civils, qui reste à ses yeux de la responsabilité de la police soudanaise en vertu d'un précédent accord signé en mai dernier entre le gouvernement de Khartoum et un groupe rebelle.

Michele Montas, porte-parole de l'Onu, a indiqué que le secrétaire général discuterait mardi de cette lettre avec les membres du Conseil de sécurité. Il a également choisi un Nigérian pour diriger la force et un nouveau représentant spécial au Soudan. Le nom qui circule est celui du ministre des Affaires étrangères congolais Rodolphe Adada.

Dans sa lettre, Bachir estime que les troupes et la police internationale devraient être cantonnés dans les camps de réfugiés et ne devraient en sortir que pour surveiller les femmes qui partent collecter du bois.

Ces femmes sont fréquemment victimes de viols par les milices pro-gouvernementales.