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Khartoum "criminelle" au Darfour

Rtl, 12 Mars 2007

Le gouvernement soudanais est accusé par l'Organisation des nations unies (ONU) d'avoir "orchestré et participé" aux "crimes de guerre et crimes contre l'humanité" au Darfour. C'est la conclusion d'un rapport publié lundi à Genève, à l'occasion de l'ouverture de la quatrième session du Conseil des droits de l'homme. La délégation onusienne, interdite d'entrée au Soudan, a dû enquêter depuis l'extérieur du pays. Khartoum nie les estimations de l'ONU selon lesquelles les violences auraient fait 200.000 victimes.

Orchestration de crimes contre l'humanité

Le gouvernement soudanais épinglé par une mission de l'Organisation des nations unies (ONU). Khartoum (capitale du Soudan) est accusée d'avoir "orchestré et participé" aux crimes de guerres et crimes contre l'humanité" qui "continuent dans la région" du Darfour, à l'ouest du Soudan, explique le rapport de la mission publié ce lundi (12 mars). La direction de la délégation onusienne auteur du rapport, avait été confiée à Jody Williams, prix Nobel de la paix.

L'ONU exhorte le gouvernement soudanais à "cesser de prendre pour cible les civils soudanais, mettre un terme à tout soutien aux milices djandjawids et procéder à leur désarmement." Car c'est avec ces milices que les hautes instances soudanaises se sont associées pour "commettre des violations des droits de l'homme."

Interdits de séjour au Soudan, les rapporteurs de l'ONU ont tout de même enquêté depuis l'extérieur du pays. Leur objectif était de publier à tout prix le fruit de leurs travaux à l'occasion de la quatrième session du Conseil des droits de l'homme qui s'ouvre ce lundi à Genève.

200.000 morts et 2 millions de déplacés

L'ONU estime à 200.000 le nombre de victimes de la guerre civile qui fait rage depuis 2003 au Darfour. Le nombre de réfugiés qui sillonnent les routes de la région atteindrait 2 millions de personnes. Beaucoup sont aujourd'hui placés dans des camps de réfugiés à l'est du Tchad. C'est notamment dans ces camps que la délégation a enquêté.

Les violences au Darfour sont considérées comme "génocide" par Washington. Un terme que nie Khartoum, comme elle nie également les estimations du nombre de victimes.