Sauver Le Darfour dans le monde

Le problème du Darfour n'a "pas de solution militaire" (président de l'UA)

Le Monde, 01 Mars 2007

Le président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, a déclaré mercredi à Brasilia qu'il n'y avait "pas de solution militaire" au conflit du Darfour, au Soudan, et a demandé une application urgente des accords d'Abuja (Nigeria) pour freiner le désastre humanitaire.

"Nous avons toujours été convaincus que ce problème n'a pas de solution militaire et qu'il faut donc continuer à faire en sorte que tous les soudanais, le gouvernement et les mouvements rebelles, adhèrent aux accords d'Abuja", a déclaré M. Konaré au cours d'une conférence de presse conjointe avec le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim.

Le président de la Commission de l'UA a regretté que l'ensemble des mouvements rebelles n'aient pas signé ces accords avec le gouvernement soudanais en mai 2006 à Abuja et que ceux-ci n'aient pas été encore appliqués du fait des tensions entre le Tchad et le Soudan.

Les accords d'Abuja prévoient un cessez-le-feu et la fin du conflit qui a fait 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés en quatre ans.

Une autre initiative de paix dans la région prévoit de déployer 2.300 casques bleus dans la zone comme avant-garde d'une force conjointe avec l'Union africaine de 20.000 hommes. Mais le Soudan estime que le rôle des Nations unies doit se limiter à un soutien logistique et financier.

M. Konaré a souligné que l'Union africaine était favorable au déploiement, bien que "malheureusement, pour des problèmes de confiance, nous n'avons pas obtenu cela".

"Nous ne sommes pas du tout partisans que l'impunité règne, mais nous avons toujours souhaité que l'ensemble de nos partenaires travaille étroitement avec nous", a-t-il dit.

M. Konaré, président du Mali de 1992 à 2002, ne s'est pas prononcé sur le refus du Soudan de reconnaître la légitimité du Tribunal Pénal International (CPI) qui a accusé de crimes de guerre un ministre soudanais et un chef de la milice djandjawid, qui sème la terreur parmi la population civile.

"Beaucoup de pays africains acceptent la CPI; je m'en voudrais en tant que politique de porter une appréciation sur les actes que pose cette cour, bien que nous ayons toujours souhaité que les actions politiques, les actions de sécurité, les actions de justice, nous puissions les mener avec un maximum d'harmonie pour qu'il n'y ait pas de crise de confiance, a-t-il conclu.