Sauver Le Darfour dans le monde

Fin de l’impunité pour les criminels du Darfour

L'humanité, 01 Mars 2007

La Cour pénale internationale de La Haye épingle un ancien ministre de l’Intérieur et un chef de milice.

Après l’Ouganda et la République démocratique du Congo, la récente Cour pénale internationale (CPI) ouvre un nouveau chantier : le Darfour. Le conflit entre cette région de l’ouest du pays et les autorités de Khartoum, suppléées par les sinistres milices djandjawids, a déjà fait plus de 200 000 morts depuis son déclenchement en 2003. Cet endroit désigné par l’ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, comme « l’enfer sur terre » est le théâtre de multiples violations des droits de l’homme.

Les procureurs de la CPI viennent de désigner deux premiers suspects, cités à comparaître à La Haye. Il s’agit d’Ahmed Haroun, ministre de l’Intérieur au plus fort du conflit, et du chef de milice Ali Muhammad Ali Abd Al Rahman, alias Ali Kushayb. Dans un document de 94 pages, les magistrats internationaux estiment qu’il y a tout lieu de penser que ces deux hommes portent la responsabilité pénale de 51 chefs d’accusation de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis au Darfour en 2003 et 2004. Ancien commandant des djandjawids, Ali Kushayb est accusé par le parquet d’avoir mené de nombreuses attaques contre des villes et des villages. Aujourd’hui secrétaire d’État aux Affaires humanitaires, Ahmed Haroun s’est dit serein. Khartoum a récusé la compétence de la CPI.

« Notre travail envoie un message, a prévenu Luis Moreno-Ocampo. Ceux qui commettent des atrocités ne peuvent pas le faire dans l’impunité. » Le procureur de la CPI a indiqué que son enquête continuait, refusant toutefois de dire si elle viserait de plus hauts responsables.