Sauver Le Darfour dans le monde

Accord sur le Darfour à Cannes

L'express, 16 Février 2007

En signant un accord sur le Darfour, en marge de la conférence Afrique-France organisée à Cannes, le Tchad, le Soudan et la Centrafrique se sont engagées à ne pas soutenir d'organisations armées

Le mini-sommet sur le Darfour organisé jeudi en marge de la XXIVe Conférence Afrique-France de Cannes a débouché sur la signature d'une déclaration dans laquelle Tchad, Soudan et Centrafrique s'engagent à ne pas soutenir d'organisations armées.

Une heure et demie

Cette région meurtrie de l'ouest du Soudan a fait l'objet d'une rencontre d'une heure et demie entre les chefs d'Etat de ces trois pays, sous la houlette du Ghanéen John Kufuor, président en exercice de l'Union africaine. Dans ce texte, parafé par les huit présidents présents à la réunion, les signataires réitèrent leur "engagement à respecter les souverainetés et à ne pas soutenir les mouvements armés". L'accord prévoit également la mise en place "d'instances de concertation active" entre le Soudan, le Tchad et la Centrafrique. Il soutient enfin les efforts de l'Union africaine et de l'Onu pour résoudre la crise au Darfour, où les violences ont fait 200 000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis 2003.

Tables rondes

Ce sommet parallèle s'est tenu à l'issue de tables rondes thématiques prévues sur l'agenda de la Conférence, où les 48 représentants africains et leurs hôtes français ont notamment réfléchi aux moyens pour l'Afrique de mieux tirer parti de ses ressources naturelles.

"La transformation des produits de base (....) n'a pratiquement jamais lieu en Afrique", a fait remarquer Thierry Breton, ministre français de l'Economie, lors de l'atelier consacré aux matières premières. "Le cacao, le coton, les phosphates sont valorisés en Europe, aux Etats-Unis et désormais en Chine et en Inde. C'est là un défi majeur, au moment où la compétitivité des pays émergents rend plus difficile le développement économique de l'Afrique", a-t-il ajouté.

Dans un atelier voisin consacré à la place de l'Afrique dans le monde, Jacques Chirac a défendu le système Unitaid mis en place à son initiative pour financer l'achat de médicaments contre les pandémies via des taxes sur les billets d'avion. "La France et les quelques pays qui nous ont suivi ont constaté, objectivement, qu'il n'y avait pas eu l'ombre d'une conséquence économique sur le trafic aérien, rien", a-t-il fait valoir. "Si on ne fait pas une taxation directe ou indirecte fondée sur la richesse mondiale ou sur le commerce international sous une forme ou sous une autre (...) , nous ne réglerons jamais le problème et l'Afrique nous explosera au nez", a-t-il prévenu.

Confiance

A trois mois de la fin de son mandat, Jacques Chirac a dressé dans son allocution d'ouverture un premier bilan de sa politique africaine. "Pour la France, l'Afrique ne sera jamais un partenaire comme un autre", a-t-il dit. "Depuis 12 ans, j'ai tenu à ce que, tout en assumant dans la fidélité son héritage historique, elle accompagne les évolutions du continent dans un esprit nouveau".

"J'aime l'Afrique, ses territoires, ses peuples, ses cultures. Je comprends ses besoins, je comprends ses aspirations", a souligné le chef de l'Etat, qui s'est rendu sur le continent africain presque chaque année depuis 1995. "J'ai confiance dans son avenir car j'ai la conviction que l'Afrique nouvelle est en marche". Comme lui, plusieurs intervenants ont demandé de porter un regard nouveau sur l'Afrique moderne, dotée d'un riche sous-sol et où la croissance économique moyenne s'élève à 5%.

"Souligner les développements positifs"

"Le temps est venu pour les médias du monde de souligner les développements positifs qui se produisent sur le continent en matière de droits de l'homme, de bonne gouvernance et de gestion des affaires économiques", a dit John Kufuor. Outre le Darfour, les dirigeants se sont inquiétés pour la Guinée, où le président Lansana Conté a proclamé l'état de siège. Ce pays d'Afrique de l'Ouest devrait faire l'objet d'une déclaration du sommet "afin d'adresser un message aux autorités de Conakry", a précisé la délégation française.