Sauver Le Darfour dans le monde

La diplomatie est encore la meilleure solution pour résoudre la crise au Darfour

Departement Americain, 09 Février 2007

Déposition devant la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants de l'envoyé spécial du président Bush pour le Soudan

Si la frustration des hommes politiques, tant au sein du gouvernement Bush qu'au Congrès, ne cesse d'augmenter du fait de la réticence manifestée par le gouvernement soudanais à mettre fin à la violence au Darfour, les analystes s'accordent à penser que la diplomatie représente encore le meilleur moyen de trouver une solution à la crise qui a commencé dans cette région du Soudan au début de 2003.

Le 8 février, à l'occasion d'une déposition devant la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, l'envoyé spécial du président Bush pour le Soudan, M. Andrew Natsios, a fait état de la consternation que causent aux États-Unis les atrocités liées à la guerre au Soudan, notamment celles dont sont victimes les civils.

Depuis 2003, la violence au Darfour, imputable en majeure partie aux djandjawids, des milices appuyées par le gouvernement soudanais, a fait plus de 200.000 morts et 2,5 millions de personnes déplacées.

Les États-Unis, a expliqué M. Natsios, s'efforcent depuis 2004 de rechercher une solution au conflit dans cette région. « Nous continuons à penser qu'un règlement négocié qui mettrait fin à la crise au Darfour (...) est la solution la meilleure et la plus susceptible d'être couronnée de succès », a-t-il dit, en ajoutant que, lors de son récent déplacement au Soudan, il avait passé deux heures avec le président al-Bashir et que ce dernier avait exprimé sa volonté de collaborer avec la communauté internationale en ce qui concerne la situation au Darfour.

Si peu de gens appuient l'idée d'une intervention militaire directe des États-Unis sous forme d'une zone de non-survol au-dessus du Darfour ou d'un blocus de la côte soudanaise, les suggestions nées du sentiment de frustration ressenti à l'égard aussi bien des rebelles que du gouvernement du président Omar al-Bashir ne manquent pas et vont de la promotion des négociations à l'application d'un plus grand nombre de sanctions à l'encontre du gouvernement soudanais.

Les obstacles à la diplomatie ont récemment été soulignés par le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack, qui a condamné, le 5 janvier, le bombardement par les forces armées soudanaises d'une ville dans laquelle des représentants de l'Union africaine venaient de se réunir avec des commandants des rebelles impliqués au Darfour pour les exhorter à respecter le cessez-le-feu.

Ce bombardement, a dit M. McCormack, « viole l'engagement pris par le gouvernement soudanais, le 16 novembre 2006 à Addis-Abeba, de faciliter le travail de l'Union africaine afin de renforcer le cessez-le-feu ».

De telles attaques, a-t-il affirmé « n'affaibliront pas pour autant la détermination de la communauté internationale à atténuer les souffrances des habitants du Darfour » en accroissant les démarches diplomatiques et l'aide humanitaire.

Dans un rapport sur le Soudan publié le 23 janvier, un spécialiste des affaires africaines du Service de recherche du Congrès, M. Ted Dagne, met l'accent sur l'intérêt que portent les États-Unis à la situation : « Le gouvernement Bush et le Congrès (...) n'ont jamais mâché leurs mots lorsqu'il s'agit de demander qu'il soit mis fin à la crise au Darfour, d'exiger la responsabilisation, surtout depuis le milieu de 2004. »

Il ajoute que les parties impliquées dans le conflit et les médiateurs avaient jugés cruciaux l'appui financier des États-Unis au processus de paix et leur assistance technique durant les négociations, lesquelles ont abouti à la signature, en 2005, de l'Accord général de paix Nord-Sud.

En outre, le 23 janvier, la Maison-Blanche s'est officiellement élevée contre l'arrestation et l'agression, par le gouvernement soudanais, de 20 membres du personnel de l'ONU, de la mission de l'Union africaine au Soudan et des organisations non gouvernements travaillant à Nyala, au sud du Darfour.

Le Congrès des États-Unis a adopté, durant l'automne 2006, le projet de loi sur la paix et la responsabilisation au Darfour, qui interdit aux Américains de procéder à certaines transactions financières et commerciale avec le Soudan, une mesure qu'avait alors louée le président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, M. Tom Lantos. Ce dernier avait déclaré que la situation au Darfour « exigeait des efforts diplomatiques intensifs et durables au plus haut niveau ».

L'ONU et l'Union européenne ont aussi adopté des sanctions limitées à l'encontre du gouvernement soudanais tout en continuant à insister pour qu'une force de l'ONU vienne appuyer les quelque 7.000 soldats de l'Union africaine affectés au maintien de la paix au Soudan.

À l'occasion de la séance de travaux du 8 février, M. Lantos a prôné des mesures encore plus strictes et déclaré : « J'espère que des sanctions sévères à l'encontre du Soudan pousseront le gouvernement de M. al-Bashir à autoriser l'entrée au Darfour d'une force internationale ayant pour vocation de protéger les civils. »

« Si nous attendons trop longtemps, il risque de n'y avoir plus personne à protéger au Darfour », a-t-il souligné.

En réponse à la suggestion de l'ancienne secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Susan Rice, qui a dit que les États-Unis « devraient de toute urgence commencer à se préparer pour une forme ou une autre d'intervention directe », Mme Ileana Ros-Lehtinen, membre de haut rang de la commission, a déclaré : « Si je ne suis pas opposée à ce que toutes les options soient sur la table face au génocide, je suggérerais qu'une telle action ne devrait être considérée qu'en dernier ressort. »

Pour sa part, M. Natsios a précisé : « Si nous découvrons que le gouvernement soudanais fait obstacle aux progrès en vue d'une solution pacifique au Darfour et de la mise en application de l'Accord général de paix, le gouvernement des États-Unis changera sa politique de négociations et adoptera des mesures plus coercitives. ».