Sauver Le Darfour dans le monde

Visite sur fond d’or noir

L'humanité, 03 Février 2007

Le chef de l’État chinois a rencontré son homologue soudanais. De nouveaux contrats ont été signés.

Le président chinois a entamé dès son arrivée vendredi à Khartoum des entretiens officiels avec son homologue soudanais Omar al-Béchir. Outre le renforcement des relations économiques, la guerre civile au Darfour devait être au menu des discussions. Les États-Unis et l’ONU avaient demandé au chef de l’État chinois d’intervenir auprès du dirigeant soudanais pour que ce dernier revienne sur son refus de permettre le déploiement des casques bleus au Darfour, déchiré par quatre années de guerre sur fond de ressources minières et pétrolières. La Chine qui absorbe 60 % de la production pétrolière totale du Soudan - forte de 500 000 barils par jour - a utilisé à plusieurs fois son droit de veto au Conseil de sécurité pour bloquer des sanctions supplémentaires contre le régime islamique de Khartoum. Ce dernier s’est fortement appuyé sur son allié de circonstance pour augmenter sa production d’or noir et construire des infrastructures stratégiques telles que des barrages et des routes. L’économie soudanaise devrait connaître cette année une croissance de 13 %.

Avant le début de la tournée africaine de Hu Jintao, un responsable aux Affaires étrangères chinoises avait affirmé que son séjour au Soudan « ne renforcera pas seulement les relations bilatérales mais aussi la paix et la stabilité dans la région ». Mais dans le communiqué distribué par la délégation chinoise aux journalistes à l’aéroport de Khartoum il n’était plus question que de « consolider les relations amicales et la coopération entre la Chine et le Soudan ». Les échanges entre la Chine et le Soudan ont atteint 2,9 milliards de dollars au cours des 11 premiers mois de 2006. La coopération bilatérale touche les secteurs de la construction, de l’agriculture, de l’éducation et de la santé, et les investissements de Pékin dans l’industrie pétrolière soudanaise sont massifs depuis 1990. La China National - Petroleum Corporation (CNPC), possède 40 % des actions de la Greater Nile Petroleum Operating Company (GNPOC), qui elle-même contrôle deux des plus importants gisements pétroliers dans le Haut-Nil occidental, au Soudan.