Sauver Le Darfour dans le monde

Des raisons d'espérer

La Tribune, 08 Janvier 2007

A contre-courant des néoconservateurs américains, voire de certains conservateurs britanniques, et des sceptiques, « The Economist » trace un bilan des Nations unies que l'on pourrait qualifier de « globalement positif ». « Dire que les Nations unies font bien mieux qu'on le pense ne signifie pas que l'organisation soit parfaite. Loin de là », nuance toutefois l'hebdomadaire britannique. Il qualifie par exemple de « déplorable » son inaction au Darfour.

Mais il y a des réussites importantes. Au sud du Soudan, une force de l'ONU a maintenu la paix après un accord de cessez-le-feu. Dans le monde entier, 30 millions de personnes dans 50 pays différents dépendent directement des agences onusiennes pour survivre. Au Congo, une force de l'ONU a permis d'organiser des élections « libres ». Plus de 100.000 Casques bleus appartenant à 18 missions différentes sont déployés dans le monde. Et même si le Conseil de sécurité peut paralyser l'action de l'ONU, comme ce fut le cas en 2003 lors de l'invasion de l'Irak ou encore au Darfour, cette instance n'est pas toujours divisée, poursuit « The Economist ». Elle a montré une certaine unité pour condamner le programme nucléaire iranien.

Au moment où le Sud-Coréen Ban Ki-moon succède au Ghanéen Kofi Annan « l'organisation va devoir courir encore plus vite si elle veut rester à la même place dans le monde », notamment en termes de légitimité, explique le journal. Le Conseil de sécurité doit s'élargir à de nouveaux membres permanents : Japon, Inde, Brésil, Allemagne et un pays africain. Les Nations unies, conseille encore « The Economist », devraient avoir à leur disposition des ressources militaires afin de répondre au nombre croissant d'opérations de maintien de la paix. En attendant ces changements, les 5 membres permanents (USA, Royaume-Uni, Chine, France et Russie) « doivent travailler à rendre le monde plus sûr et moins déséquilibré en montrant une plus grande volonté à travailler ensemble en utilisant les structures existantes ».