Sauver Le Darfour dans le monde

L'ONU devrait jouer un rôle essentiel en 2007, selon les États-Unis

Departement Americain, 10 Janvier 2007

En 2007, le Conseil de sécurité de l'ONU doit être prêt à faire face au terrorisme, à la violence transfrontalière, aux violations systématiques des droits de l'homme, à l'afflux de réfugiés et à l'instabilité politique avant que ces problèmes ne se transforment en guerres, a déclaré le représentant permanent par intérim des États-Unis auprès de l'ONU, M. Alejandro Wolff, le 8 janvier.

Alors que les problèmes auxquels se heurte la communauté internationale deviennent de plus en plus complexes, le Conseil de sécurité doit agir afin non seulement de faire face aux conflits, mais aussi de les prévenir et d'aider ensuite les pays sortant d'une crise à consolider la paix grâce au développement économique et politique. Il « doit être prêt à agir promptement face à de nouvelles menaces ou à des crises en cours, mais (…) d'une manière qui améliore la situation sur le terrain ».

M. Wolff a pris la parole lors de la première réunion du Conseil de sécurité à laquelle a participé le nouveau secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, et qui a porté sur l'ordre de priorité de cet organe pour l'année 2007. En 2006, le Conseil de sécurité s'est saisi de diverses questions dont les violations des droits de l'homme en Birmanie, les conflits au Moyen-Orient et en Afrique, les programmes nucléaires en Corée du Nord et en Iran, les difficultés politiques et sécuritaires en Afghanistan et en Irak, qui demeurent encore à son ordre du jour.

À l'heure actuelle, l'ONU compte 18 missions de maintien de la paix à travers le monde dont les effectifs atteignent le chiffre record de 100.000 personnes. Il est prévu d'augmenter les effectifs de certaines de ces missions en 2007. En outre, a indiqué le secrétaire général, l'ONU participe dans une certaine mesure à 12 autres opérations de paix.

À Washington, la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, a annoncé le 8 janvier la nomination de M. Zalmay Khalilzad au poste de représentant permanent des États-Unis auprès de l'ONU, tout en soulignant l'importance de cette institution pour les États-Unis.

Les tâches de l'ONU, a-t-elle dit, exigent un diplomate compétent et expérimenté qui a montré son aptitude à diriger en se fondant sur les principes et à former un consensus, qualités dont M. Khalilzad a fait preuve en tant qu'ambassadeur des États-Unis en Irak, ancien ambassadeur en Afghanistan et ancien conseiller du président Bush.

Dans la déclaration qu'il a faite à Bagdad (Irak), M. Khalilzad a indiqué vouloir contribuer à la création « d'un monde où l'on agit collectivement pour faire face aux menaces pesant sur la sécurité, où la liberté et la démocratie se répandent, où l'État de droit devient plus courant et où tous les pays connaissent la prospérité ».

Pour sa part, M. Ban a déclaré au Conseil de sécurité que le conflit du Darfour (Soudan), où la situation s'aggravait « en dépit de toutes les déclarations et proclamations de la communauté internationale au cours des trois dernières années », serait l'un de ses dossiers prioritaires. Une de ses premières décisions a été la nomination de l'ancien ministre suédois des affaires étrangères, M. Jan Eliasson, comme son envoyé spécial au Darfour, où ce dernier est parti immédiatement.

Le Conseil de sécurité, a dit M. Ban, doit faire davantage pour relancer la lutte contre la prolifération des armes nucléaires, notamment en ce qui concerne l'Iran et la Corée du Nord. Les armes de destruction massive et le terrorisme, a-t-il souligné, « exigent une attention urgente, soutenue et globale de la part de la communauté internationale ».

De son côté, M. Wolff a fait remarquer que, ces dernières années, le Conseil de sécurité avait considéré non seulement les conflits entre États, mais aussi les conflits au sein d'un État donné. Citant le Darfour en exemple, il a déclaré que les conflits internes créaient l'instabilité aux frontières, accroissaient les tensions dans la région et avaient des conséquences économiques et sociales de grande ampleur. « Non seulement le Conseil de sécurité doit agir pour protéger les habitants d'un pays qui constituent la cible de son gouvernement central, mais il ressort de l'expérience que, dans le monde actuel, les événements qui se produisent dans un pays donné touchent les autres pays environnants. »

Par ailleurs, il a déclaré que le réseau terroriste Al-Qaïda avait menacé explicitement l'Organisation des Nations unies et son personnel. « Nous savons, a-t-il dit, que les terroristes continuent de tenter de tuer des civils à travers le monde, et il incombe au Conseil de sécurité de faire face à ces menaces avec détermination. »

Le Conseil de sécurité, qui se compose de 15 membres, est chargé de maintenir la paix et la sécurité internationales. Ses décisions s'appliquent à tous les États membres de l'ONU. Il n'a pas de calendrier précis pour ses travaux, et ses membres peuvent être convoqués à tout moment.

Les membres du Conseil de sécurité pour 2007 comprennent, outre les 5 membres permanents (la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie), l'Afrique du Sud, la Belgique, le Ghana, l'Indonésie, l'Italie, le Panama, le Pérou, le Qatar, la République du Congo et la Slovaquie.