Sauver Le Darfour dans le monde

Les Etats-Unis envisageront "d'autres options" au Darfour si le Soudan continue de s'opposer à l'envoi de casques bleus

Ap, 14 Décembre 2006

Les Etats-Unis seraient obligés d'envisager "d'autres options" si le gouvernement soudanais continue de s'opposer au déploiement de casques bleus au Darfour, a averti mercredi le département d'Etat américain.

Alors que les Nations unies souhaitent ajouter 13.000 troupes aux 7.000 soldats de l'Union africaine actuellement présents dans la région, dont le mandat a été prorogé de six mois jusqu'en juin prochain, le président soudanais Omar al-Bachir soutient qu'une mission de maintien de la paix onusienne serait de nature "néo-coloniale".

Le porte-parole de la diplomatie américaine, Sean McCormack, n'a pas mentionné la possibilité d'une intervention militaire, mais le quotidien "The Financial Times" a rapporté mercredi que le Premier ministre britannique Tony Blair, allié des Etats-Unis, soutient l'établissement d'une "zone de non-survol" au-dessus du Darfour.

Une telle mesure, si elle était acceptée par le Conseil de sécurité des Nations unies, rappellerait les patrouilles américaines au-dessus de l'Irak dans les années 1990, pour empêcher le régime de Saddam Hussein de s'attaquer aux populations civiles dans le sud et le nord du pays.

Au Darfour, les victimes des violences ont fait état de raids aériens de l'armée soudanaise, associés aux attaques au sol des milices appuyées par le gouvernement.

Le conflit a fait plus de 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis 2003.

M. McCormack n'a pas souhaité discuter des options au Darfour, mais a déclaré: "La violence doit cesser, et la situation humanitaire doit être traitée. (...) Nous devons commencer à penser à d'autres idées sur les façons de protéger la population".

Au Soudan, l'envoyé spécial américain Andrew Natsios a de son côté fait état de discussions "constructives" avec le président al-Bachir. Il a également évoqué une entente sur des "mesures que nous pouvons prendre ces prochaines semaines pour faire quelque progrès", sans préciser la nature de celles-ci.