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Tchad: l'armée fait face aux rebelles, Paris appelé si nécessaire (Deby)

Le Monde, 30 Novembre 2006

L'armée tchadienne est apte à "faire face" aux rébellions qui menacent le régime de N'Djamena, mais le Tchad fera appel à la France si "nécessaire", a déclaré jeudi le président Idriss Deby Itno, à l'occasion d'une visite du Premier ministre français Dominique de Villepin.

Les Forces armées tchadiennes sont pour l'instant "capables de faire face à ce défi. Le jour où nous estimerons nécessaire d'appeler nos amis à nos côtés, nous le ferons", a affirmé le président Deby, lors d'un point de presse commun avec M. de Villepin à N'Djamena, en réponse à une question sur une éventuelle intervention militaire de la France aux côtés de l'armée tchadienne.

Selon M. Deby, "la France joue son rôle à la satisfaction totale du Tchad".

"Nous agissons dans le cadre de nos responsabilités, à travers notre politique de coopération, de soutien aux autorités tchadiennes et une politique de dissuasion vis-à-vis de tous ceux qui seraient tentés par une quelconque agression contre son intégrité territoriale", a déclaré pour sa part M. de Villepin.

"La France a une responsabilité spécifique vis-à-vis du Tchad et de la région. Je suis venu honorer cet engagement", a ajouté M. de Villepin.

"C'est dans ce sens que nous avons agi, comme nous avons été amenés à réagir très vigoureusement à Birao (800 km au nord-est de Bangui), vis-à-vis de l'agression en territoire centrafricain", a-t-il expliqué.

La France a renforcé ces derniers jours son dispositif Epervier, déployé depuis 1986 au Tchad et qui compte désormais environ 1.200 hommes, des hélicoptères, des blindés ainsi que des chasseurs Mirage F1, des appareils de transport, de reconnaissance et des ravitailleurs.

Depuis lundi, des militaires français de l'opération Boali, déployée depuis 2003 en Centrafrique, appuient par ailleurs l'armée centrafricaine qui a entrepris la reconquête de plusieurs localités du nord-est tombées aux mains d'une rébellion depuis fin octobre.

Paris, qui jusqu'ici affirmait que le soutien français se limitait à la logistique et au renseignement, et que les soldats et avions français n'avaient ouvert le feu lundi en Centrafrique qu'en état de "légitime défense", a reconnu jeudi avoir fourni un "appui aérien" aux troupes centrafricaines.

Selon M. Deby, la présence du Premier ministre français à N'Djamena "est un signe fort de soutien aux épreuves difficiles que le peuple tchadien traverse".

Plusieurs rébellions hostiles au président Deby ont repris fin octobre leurs opérations contre l'armée tchadienne. Le 25 novembre, l'une d'elles a notamment pris Abéché, la plus importante ville de l'est tchadien, avant de s'en retirer.