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Le président Bouteflika appelle à une solution “pacifique et durable”

Le Maghreb, 02 Décembre 2006

Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a plaidé, jeudi soir, à Abuja en faveur d'une solution "pacifique et durable" de la crise du Darfour, et ce, aux fins de "préserver la stabilité et l'unité du Soudan " et la stabilité des autres pays de la région. Dans une allocution prononcée au sommet du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, M. Bouteflika a indiqué, toutefois, que "certains développements récents sont venus rappeler la fragilité et la complexité des équilibres régionaux dans cette région de notre continent", soulignant l'importance de "prendre garde aux dérapages et dérives dont elles portent les germes ". Il rappellera, en ce sens, que l'action entreprise par l'Union africaine "a permis, à l'issue de deux années, de parvenir à la conclusion d'un accord paraphé, en premier lieu par le gouvernement du Soudan, puis par une seule des parties à la crise du Darfour", estimant qu'il est "impératif que les autres parties se joignent aux signataires de l'accord d'Abuja ". Et d'ajouter qu'"il est urgent que soient dépassés les blocages qui contrarient la matérialisation d'un accord global de paix apportant des solutions à l'ensemble des problèmes demeurés pendants". Selon, M. Bouteflika, le consensus récemment réalisé à Addis-Abeba et à l'élaboration duquel ont œuvré l'Union africaine, les Nations Unies, le gouvernement soudanais, les pays africains pourvoyeurs de troupes, l'Union européenne, la Ligue arabe ainsi que d'autres parties intéressées "représente un acquis précieux qu'il convient de saluer", affirmant qu'il importe au Conseil de paix et de sécurité de l'UA de "réaffirmer son plein soutien à l'unité nationale et à l'intégrité territoriale du Soudan, en conformité avec les normes et principes consignés dans l'acte constitutif de l'Union africaine". Le Conseil doit attendre, en outre, de toutes les parties soudanaises concernées qu'"elle respectent scrupuleusement les accords conclus et œuvrent de bonne foi à la mise en œuvre diligente de celui conclu à Abuja" et "insister sur l'importance que revêt, pour la réussite du processus de paix, la présence de l'Union africaine sur le terrain jusqu'à la date arrêtée et, au-delà, dans un cadre restant à convenir sur la base du consentement explicite du gouvernement soudanais", soutient le président Bouteflika pour qui "les consultations intenses menées à Addis-Abeba ont fait naître une lueur d'espoir dans la recherche de la paix au Darfour". Il est bon de noter, enfin, que le sommet du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, consacré exclusivement à l'examen de la situation au Darfour, et auquel a pris part, jeudi soir, à Abuja, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a débouché sur un accord devant permettre le déploiement d'une force à majorité africaine dans cette région du Soudan. Ce sommet "vient d'examiner les propositions qui ont été faites lors de la réunion de haut niveau, qui a regroupé à Addis-Abeba des responsables de l'Union africaine, des Nations unies et de la Ligue arabe sur la situation au Darfour", a indiqué, dans une déclaration à la presse, le ministre délégué chargé des Affaires africaines et maghrébines, Abdelkader Messahel. La présence des forces de maintien de paix et de sécurité de l'Union africaine au Darfour a été prolongée jusqu'à juin 2007. Rappelons que les forces de l'UA devaient quitter le Darfour à la fin de l'année en cours, pour permettre le déploiement d'une force de l'ONU, option que le gouvernement soudanais a rejetée.