Sauver Le Darfour dans le monde

Des milices tuent une soixantaine de personnes au Darfour

Reuters, 03 Novembre 2006

Des milices arabes ont attaqué des camps de réfugiés au Darfour, province de l'ouest du Soudan, faisant une soixantaine de morts dont une moitié d'enfants, ont accusé vendredi des rebelles.
L'Onu fait état pour sa part de 27 enfants de moins de douze ans tués dans ces raids.

Les attaques ont eu lieu les 29 et 30 octobre dans la région de Djebel Moun et ont notamment visé un camp abritant 3.500 personnes qui avaient fui les violences, a précisé Marie Okabe, porte-parole de l'Onu.

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a appelé toutes les parties à cesser les affrontements dans cette région et il a demandé au gouvernement soudanais de tout faire pour protéger les civils de ces attaques, a indiqué Okabe.

"Le gouvernement a entrepris de mobiliser largement les (milices arabes) Djandjaouids, notamment dans le Darfour-Ouest, parce qu'ils veulent nettoyer la zone et progresser vers le nord le long de la frontière pour nous battre", a déclaré Bahr Idriss Abu Garda, un des chefs du Front de la rédemption nationale (NRF).

Selon cette alliance rebelle, les raids des milices ont fait 63 morts, dont 33 enfants.

La force de l'Union africaine, censée surveillée un accord de paix largement ignoré par les protagonistes du conflit, a déclaré pour sa part que les attaques menées contre quatre villages du Djebel Moun ont pu faire jusqu'à 92 morts.

Les soldats de l'UA signalent également des bombardements réguliers par l'aviation gouvernementale dans un secteur proche de la ville de Tine, à la frontière soudano-tchadienne.

DÉMENTI DE KHARTOUM

Des responsables soudanais ont démenti ces informations, affirmant ne pas avoir mobilisé les milices arabes ni utilisé ses Antonov, ce qui équivaudrait à une violation des résolutions de l'Onu.

Depuis le début des combats au Darfour en 2003, plus de 200.000 personnes ont été tuées et 2,5 millions ont dû fuir leur domicile pour se réfugier dans des camps.

Le conflit oppose essentiellement les rebelles non arabes au gouvernement dominé par les Arabes, associé aux milices Djandjaouids.

En déplacement à Pékin pour le sommet Chine/Afrique, le président soudanais Omar Hassan al Bachir a de nouveau refusé le déploiement d'une force de maintien de la paix de l'Onu au Darfour.

Il a également contesté la réalité des bilans du conflit, affirmant que 10.000 personnes "seulement" avaient été tuées depuis 2003 au Darfour.

"Pour ce qui est d'une force onusienne de maintien de la paix, nous avons décidé que l'impact du déploiement d'une telle armée dans notre pays serait le même que ce qui est en cours en Irak", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

L'Onu envisage d'envoyer 22.500 casques bleus au Darfour, dans l'ouest du Soudan.

"Nous apprécions le soutien que nous a apporté la Chine au Conseil de sécurité, l'insistance sur le fait que le soutien du Soudan doit être recherché avant l'adoption d'une résolution", a poursuivi le président soudanais.

La veille, le président chinois Hu Jintao, dont le pays dispose d'un droit de veto au Conseil de sécurité de l'Onu, avait dit comprendre les préoccupations du Soudan concernant le Darfour.

La Chine a d'importants intérêts commerciaux au Soudan, qui lui vend de grandes quantités de pétrole (plus de 14 millions de barils pour la seule année en cours). Elle est, entre autres, un important fournisseur d'armes au régime de Khartoum.