Sauver Le Darfour dans le monde

Le Ministre Assistant des Affaires étrangères Zhai Jun a accordé une interview exclusive aux médias étrangers au sujet du Sommet de Beijing du Forum sur la Coopération sino-africaine

Gouvernement Chinois, 26 Octobre 2006

Le Ministre Assistant des Affaires étrangères Zhai Jun a accordé une interview aux correspondants des médias étrangers à Beijing au sujet des relations sino-africaines et du Sommet de Beijing du Forum sur la Coopération sino-africaine.

Sur le Sommet de Beijing, M. Zhai Jun a fait savoir que les dirigeants chinois et africains procéderont à un échange de vues approfondi sur les principes directeurs des relations sino-africaines dans le nouveau contexte, l'établissement et le développement d'un partenariat stratégique de type nouveau marqué par l'égalité et la confiance mutuelle sur le plan politique, la coopération et le gagant-gagnant sur le plan économique et les échanges et l'inspiration réciproque sur le plan culturel, ainsi que la coopération globale sino-africaine dans les divers domaines. Des documents importants en la matière seront élaborés. La Chine annoncera encore une série de mesures importantes pour renforcer sa coopération avec l'Afrique. Jusqu'à ce jour, 48 pays africains ayant des relations diplomatiques avec la Chine ont tous confirmé leur participation au Sommet, et les Chefs d'Etat ou de gouvernement de plus de 40 pays y seront présents. Grâce aux efforts conjugués des deux parties, ce Sommet sera, sans aucun doute, un plein succès et contribuera au développement plus vigoureux des relations de coopération sino-africaines dans tous les domaines.

Quant aux initiatives et aux mesures sur la coopération sino-africaine envisagées par la partie chinoise, M. Zhai Jun a estimé que depuis plus d'un demi siècle, la Chine, bien qu'elle soit un pays en développement, a fourni, dans la mesure du possible, des aides désintéressées à l'Afrique. Ces aides se présentent sous diverses formes telles que l'aide gratuite, les prêts sans intérêts, les prêts préférentiels et la coopération technique qui couvrent surtout les projets agricoles et d'infrastructures. La Chine a pris sur elle la réalisation de près de 900 projets en Afrique. Ces dernières années, dans le cadre du Forum sur la Coopération sino-africaine, elle a annulé les dettes de 31 PPTE et PMA africains pour un montant total de 10,9 milliards de yuans RMB, accordé le traitement de tarif zéro à 190 catégories de produits de 30 pays africains à destination de Chine, et formé plus de 14 600 personnes dans divers domaines pour l'Afrique. Les aides sincères de la Chine ont contribué énergiquement au développement socio-économique des pays africains, apporté des avantages réels à leurs peuples, et sont donc largement accueillies par ces derniers. Durant le Sommet, la partie chinoise lancera toute une série de mesures importantes en vue d'intensifier la coopération sino-africaine et de soutenir le développement de l'Afrique comme la réduction et l'annulation de dettes, l'exemption des tarifs douaniers, la formation des ressources humaines et l'augmentation des investissements et des aides.

Sur l'assertion selon laquelle les aides inconditionnelles de la Chine nuirent à la bonne gouvernance en Afrique, M. Zhai Jun a indiqué que dans la gestion de ses relations avec les pays étrangers, la Chine a toujours suivi le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d'autrui. La Chine n'accepte pas que les autres pays lui imposent leurs idéologie, concept de valeur et mode de développement, elle n'impose absolument pas les siens aux autres pays, et encore moins aux pays africains. Ainsi, l'aide chinoise à l'Afrique n'est assortie d'aucune condition politique. Cette aide est destinée à l'amélioration de la vie de la population locale, et est donc bien accueillie par les pays africains et leurs peuples. Toute idée estimant que l'aide chinoise sans condition politique défavoriserait la bonne gouvernance en Afrique est inacceptable.

Au sujet de la coopération énergétique sino-africaine, il a répondu que de nombreux pays africains recèlent d'abondantes ressources énergétiques et naturelles et souhaitent ardemment une coopération en matière de ressources pour promouvoir le développement de leurs économies. Ils font face au problème de transformer leurs atouts en terme de ressources et d'énergie en atouts pour le développement économique. La Chine engage une coopération dans ce domaine avec l'Afrique selon le principe des avantages réciproques et du développement partagé, ceci constitue aussi une approche importante pour aider les pays africains à développer leurs économies. La coopération énergétique sino-africaine n'est qu'une partie de la coopération sino-africaine. Elle est ouverte, transparente, mutuellement bénéfique et tout à fait normale comme toute autre coopération. L'année dernière, la Chine a importé, de l'Afrique, 38, 34 millions de tonnes de pétrole, ce qui ne représente même pas un tiers de l'importation de certains pays occidentaux en provenance de ce continent. Donc, les reproches sur la coopération sino-africaine en matière d'énergie sont nullement fondés.

Sur une autre assertion selon laquelle la coopération sino-africaine est en conflit avec les intérêts des pays européens et américains en Afrique, M. Zhai Jun a dit : la coopération sino-africaine est une composante importante de la coopération de développement internationale et une entraide entre les pays en développement dans le cadre de la coopération Sud-Sud, qui n'est dirigée contre aucune tierce partie et ne menace l'intérêt de personne. Il n'y a pas de conflits d'intérêts entre la Chine, les Etats-Unis et l'Europe en Afrique. Au contraire, ils partagent la même volonté d'aider l'Afrique à réaliser la paix et le développement, et ont devant eux de belles perspectives et de larges marges de coopération. La Chine entend adopter une attitude ouverte et constructive et œuvrer inlassablement ensemble avec la communauté internationale y compris les Etats-Unis et l'Europe à la paix et au développement en Afrique, tout en engageant des consultations et communications avec eux sur ce sujet.

Répondant à une question sur le problème de qualité de certains projets réalisés par des sociétés chinoises en Afrique, M. Zhai Jun a dit : le gouvernement chinois accorde depuis toujours de l'importance à ses aides à l'étranger et à la qualité des projets réalisés dans le cadre de ces aides. Des facteurs objectifs tels que les conditions naturelles, la différence des règles de conception et de construction sont à l'origine des problèmes de qualité de certains projets, ce qui a provoqué le mécontentement de la population locale. Cependant, ni la partie chinoise ni la partie africaine ne saurait accepter qu'on utilise ces problèmes pour nier la coopération sino-africaine et noircir l'image de la Chine. Aujourd'hui, les projets mis en œuvre dans le cadre des aides chinoises à l'Afrique sont réalisés sous conditions d'économie de marché. Voilà une grande différence par rapport au passé. Que faire pour bien éduquer les sociétés et les citoyens chinois concernés et améliorer le mécanisme de surveillance et de contrôle, ceci est un nouveau problème apparu dans le nouveau contexte. Ces dernières années, tout en augmentant ses aides à l'étranger, la Chine veille également à améliorer la gestion des projets d'aide à l'étranger ainsi que la qualité et la sûreté de ces projets. Nous sommes convaincus que la gestion des aides chinoises à l'étranger deviendra plus efficace et la qualité des projets sera améliorée.

Concernant la coopération énergétique entre la Chine et le Soudan et le problème du Darfour, d'après M. Zhai Jun, cette coopération est une partie de la coopération amicale multisectorielle entre la Chine et l'Afrique, elle est aussi ouverte, transparente, mutuellement bénéfique, bien appréciée par le gouvernement et le peuple soudanais, et favorable à la stabilité nationale et au développement de l'économie au Soudan. Certains accusent la Chine de ne pas avoir profité de sa forte influence au Soudan pour l'aider à résoudre le problème du Darfour, mais en réalité, la coopération énergétique sino-soudanaise et le problème du Darfour sont deux choses distinctes. La Chine n'a jamais fait la sourde oreille sur le problème du Darfour à cause de ses relations de coopération étroites avec le Soudan, tout au contraire, elle a toujours suivi de près ce problème et souhaite une amélioration rapide de la situation humanitaire et sécuritaire dans la région. Jusqu'à ce jour, la Chine a fourni à deux reprises des aides humanitaires au Darfour pour un montant de 40 millions de yuans RMB. Depuis 2005, le gouvernement chinois a fait à trois reprises des dons à l'Union africaine destinés exclusivement à ses opérations au Darfour. La Chine soutient le remplacement des forces de maintien de la paix de l'Union africaine par celles de l'ONU, mais elle est d'avis qu'il faut obtenir l'accord du gouvernement soudanais. La partie chinoise n'a jamais cessé ses efforts de persuasion auprès du gouvernement soudanais pour qu'il accepte le remplacement. Il est crucial que les différentes parties du Soudan signent et appliquent au plus vite l'Accord de paix au Darfour. La communauté internationale, quant à elle, doit exhorter les forces rebelles refusant la signature de signer cet accord au plus vite, dissiper, par voie de dialogue, les doutes du gouvernement soudanais sur le remplacement des forces de maintien de la paix de l'Union africaine par celles de l'ONU et résoudre ses préoccupations. La partie chinoise entend continuer à jouer un rôle actif en vue d'un règlement adéquat de ce problème.

Sur la question du « néocolonialisme » de la Chine en Afrique, M. Zhai Jun a donné la réponse comme suit : maintenant, se répand sur la scène internationale une assertion selon laquelle la Chine cherche à s'emparer des ressources africaines par le renforcement de ses relations avec l'Afrique, et cela relève du « néocolonialisme ». Chers amis journalistes, j'aimerais attirer votre attention sur un point. Qui sème ce genre d'assertions ? Les peuples africains ne l'ont jamais dit. L'Afrique, qui a souffert de la domination colonialiste pendant cinq siècles, connaît le mieux ce que c'est que le colonialisme. La Chine et les pays africains ont vécu le même malheur historique. Depuis longtemps, ils se sont toujours témoigné sympathie et soutien dans la lutte pour la libération de la nation, la sauvegarde de la souveraineté et de la dignité de l'Etat et la construction du pays, et ont coopéré dans les différents domaines sur la base de l'égalité et des avantages réciproques. S'il est vrai que la Chine applique une « politique néocolonialiste », les dirigeants africains ne seront pas si nombreux à se réunir à Beijing.

En ce qui concerne la vente d'armes à l'Afrique, M. Zhai Jun a dit ceci : le gouvernement chinois reste toujours très prudent et agit avec responsabilité en ce qui concerne l'exportation des armes. Il n'exporte des armes que vers les gouvernements des pays souverains, et refuse toute vente d'armes aux entités non-étatiques et aux particuliers. Il demande explicitement aux gouvernements acheteurs de lui procurer les attestations d'usager final et d'utilisation finale, de s'engager à ne pas céder des armes importées de la Chine à une tierce partie. Dans le même temps, il respecte strictement les résolutions concernées du Conseil de Sécurité en s'abstenant d'exporter des armes aux pays et régions figurant sur la liste d'embargo d'armes du Conseil de Sécurité. Conformément à ces principes, tenant pleinement compte des situations dans les pays africains concernés et dans l'esprit de préserver la paix et la stabilité régionales, la partie chinoise entreprend une coopération limitée en matière de commerce militaire avec des pays africains. Il est à noter que la coopération sino-africaine dans ce domaine se limite aux armes conventionnelles et avec une quantité limitée, et cela ne compromettra pas la stabilité dans les pays ou les régions concernés.

M. Zhai Jun a, en outre, réaffirmé la volonté constante et sincère de la Chine de soutenir et aider les pays africains à réaliser la paix et la stabilité. Depuis 1990, la Chine a participé, à 12 reprises, aux opérations de maintien de la paix en Afrique sous l'égide des Nations Unies en y envoyant successivement plus de 4 000 personnes. A l'heure actuelle, quelques 1 300 Chinois prennent part aux six opérations de maintien de la paix en Afrique. A l'avenir, la Chine continuera à travailler activement au sein du Conseil de Sécurité pour que celui-ci suive de près les conflits en Afrique et tente d'y porter des solutions, à apporter du soutien et à participer aux opérations onusiennes de maintien de la paix en Afrique, et à œuvrer inlassablement, tout comme par le passé, au maintien de la paix et de la stabilité sur le continent africain.