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Darfour : le Conseil de sécurité autorise le déploiement d'une force de l'ONU forte de 17 300 hommes

Onu, 31 Août 2006

Le Conseil de sécurité a autorisé aujourd'hui le déploiement dans la région du Darfour d'une force des Nations Unies, qui pourra compter jusqu'à 17 300 soldats et qui sera chargée de relayer la mission de l'Union africaine, pour soutenir l'application de l'accord de paix signé en mai, invitant le gouvernement du Soudan à consentir à un tel déploiement.

La résolution 1706 du Conseil de sécurité, parrainée notamment par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, a été adoptée, lors d'une séance publique, par 12 voix pour et 3 abstentions - Chine, Russie, Qatar.

Dans sa résolution, le Conseil de sécurité décide que le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) sera « élargi » pour lui permettre de se « déployer au Darfour », à l'ouest du Soudan, et invite en conséquence « le gouvernement d'unité nationale à consentir à ce déploiement ».

Forte de 9 000 soldats, la MINUS a été déployée au sud du Soudan en 2005, pour la mise en oeuvre de l'accord de paix global signé le 9 janvier 2005 entre le gouvernement du Soudan et le Mouvement/l'Armée populaire de libération du Soudan.

Selon la résolution 1706, « les effectifs de la MINUS seront renforcés par du personnel militaire jusqu'à concurrence de 17 300 soldats et par une composante civile correspondante comptant jusqu'à 3 300 membres de la police civile et jusqu'à 16 unités de police constituées ».

Le Conseil de sécurité prie le Secrétaire général de se concerter avec l'Union africaine à propos d'un plan et d'un calendrier pour le passage de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) à une opération des Nations Unies au Darfour.

La MUAS, forte de 7 000 hommes, déployée au Darfour depuis 2004, s'est révélée incapable de protéger les populations civiles de la région.

Le Conseil décide également que la MINUS aura pour mandat au Darfour « d'apporter un soutien à la mise en oeuvre de l'accord de paix du 5 mai 2006 » signé à Abuja entre le gouvernement soudanais et la faction rebelle ALS (Armée de libération du Soudan)-Minawi, ».

Elle devra notamment « surveiller les mouvements de groupes armés », « enquêter sur les violations des accords », « surveiller les activités transfrontalières des groupes armés le long des frontières du Soudan avec le Tchad et la République centrafricaine » et « contribuer à l'élaboration et à l'exécution d'un programme global et durable de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants ».

La Mission devra également « faciliter et coordonner (...) le retour volontaire des réfugiés et personnes déplacées, ainsi que l'assistance humanitaire, notamment en aidant à créer les conditions nécessaires sur le plan de la sécurité au Darfour ».

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le Conseil décide enfin « d'autoriser la MINUS à intervenir par tous les moyens nécessaires (...) pour protéger le personnel, les locaux, installations et matériels des Nations Unies (...), assurer la libre circulation (...) des travailleurs humanitaires (...) et pour prévenir les attaques et les menaces contre les civils ».

Juste avant la réunion, l'ambassadeur américain John Bolton a souligné qu'il aurait été « préférable d'avoir l'unanimité » des 15 membres du Conseil de sécurité. Mais il est plus « important d'avancer rapidement et d'adopter cette résolution (...) afin de mettre un terme au génocide au Soudan », a-t-il ajouté.

Lors de la séance, les États-Unis ont demandé à tous les États et aux protagonistes du conflit de faciliter la mise en oeuvre du texte qui vient d'être adopté. « Cette résolution jette les fondements de la constitution et du déploiement d'une force multinationale au Darfour, et nous pouvons espérer que le passage d'une force de l'Union africaine à une force des Nations Unies se fera sans entrave », a déclaré John Bolton.

Devant le Conseil, la Chine a réitéré son soutien au déploiement d'une force de l'ONU mais a regretté le déroulement d'un vote avant que le gouvernement soudanais ne donne son accord. « La transition vers une mission de l'ONU est une bonne et pragmatique approche », a affirmé l'ambassadeur chinois Wang Guangya, estimant cependant qu'une telle mission ne pouvait être déployée qu'une fois le consentement du gouvernement soudanais obtenu.

Estimant que rien ne pourra se faire sans « le soutien tacite et actif » du gouvernement du Soudan, la Fédération de Russie a soutenu la tenue d'une réunion de haut niveau sur cette question au début du mois de septembre.
Le président soudanais continue d'opposer sa réticence à ce qu'il considère comme une ingérence de la part de la communauté internationale.

Dans une lettre qui lui a été adressée aujourd'hui, le Secrétaire général rappelle que les Nations Unies restent convaincues que le déploiement d'une force de l'ONU serait « la solution la plus appropriée » pour aider à la mise en oeuvre de l'accord de paix, a indiqué son porte-parole aujourd'hui à New York.

Depuis février 2003, la guerre civile au Darfour a fait au moins 200 000 morts et plus de 2 millions de déplacés. L'accord de paix signé en mai à Abuja entre le gouvernement du Soudan et une partie des mouvements rebelles n'a pas mis fin aux combats. L'insécurité et l'impunité continuent de régner au Darfour. Les massacres à grande échelle, les viols et les pillages se poursuivent.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Jan Egeland, avaient appelé lundi les membres du Conseil de sécurité à une action politique « immédiate » pour éviter une « catastrophe humanitaire sans précédent » et « des pertes massives en vies humaines » dans la région du Darfour (dépêche du 28-08-06).

Le Conseil de sécurité a autorisé aujourd'hui le déploiement dans la région du Darfour d'une force des Nations Unies, qui pourra compter jusqu'à 17 300 soldats et qui sera chargée de relayer la mission de l'Union africaine, pour soutenir l'application de l'accord de paix signé en mai, invitant le gouvernement du Soudan à consentir à un tel déploiement.

La résolution 1706 du Conseil de sécurité, parrainée notamment par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, a été adoptée, lors d'une séance publique, par 12 voix pour et 3 abstentions - Chine, Russie, Qatar.

Dans sa résolution, le Conseil de sécurité décide que le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) sera « élargi » pour lui permettre de se « déployer au Darfour », à l'ouest du Soudan, et invite en conséquence « le gouvernement d'unité nationale à consentir à ce déploiement ».

Forte de 9 000 soldats, la MINUS a été déployée au sud du Soudan en 2005, pour la mise en oeuvre de l'accord de paix global signé le 9 janvier 2005 entre le gouvernement du Soudan et le Mouvement/l'Armée populaire de libération du Soudan.

Selon la résolution 1706, « les effectifs de la MINUS seront renforcés par du personnel militaire jusqu'à concurrence de 17 300 soldats et par une composante civile correspondante comptant jusqu'à 3 300 membres de la police civile et jusqu'à 16 unités de police constituées ».

Le Conseil de sécurité prie le Secrétaire général de se concerter avec l'Union africaine à propos d'un plan et d'un calendrier pour le passage de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) à une opération des Nations Unies au Darfour.

La MUAS, forte de 7 000 hommes, déployée au Darfour depuis 2004, s'est révélée incapable de protéger les populations civiles de la région.

Le Conseil décide également que la MINUS aura pour mandat au Darfour « d'apporter un soutien à la mise en oeuvre de l'accord de paix du 5 mai 2006 » signé à Abuja entre le gouvernement soudanais et la faction rebelle ALS (Armée de libération du Soudan)-Minawi, ».

Elle devra notamment « surveiller les mouvements de groupes armés », « enquêter sur les violations des accords », « surveiller les activités transfrontalières des groupes armés le long des frontières du Soudan avec le Tchad et la République centrafricaine » et « contribuer à l'élaboration et à l'exécution d'un programme global et durable de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants ».

La Mission devra également « faciliter et coordonner (...) le retour volontaire des réfugiés et personnes déplacées, ainsi que l'assistance humanitaire, notamment en aidant à créer les conditions nécessaires sur le plan de la sécurité au Darfour ».

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le Conseil décide enfin « d'autoriser la MINUS à intervenir par tous les moyens nécessaires (...) pour protéger le personnel, les locaux, installations et matériels des Nations Unies (...), assurer la libre circulation (...) des travailleurs humanitaires (...) et pour prévenir les attaques et les menaces contre les civils ».

Juste avant la réunion, l'ambassadeur américain John Bolton a souligné qu'il aurait été « préférable d'avoir l'unanimité » des 15 membres du Conseil de sécurité. Mais il est plus « important d'avancer rapidement et d'adopter cette résolution (...) afin de mettre un terme au génocide au Soudan », a-t-il ajouté.

Lors de la séance, les États-Unis ont demandé à tous les États et aux protagonistes du conflit de faciliter la mise en oeuvre du texte qui vient d'être adopté. « Cette résolution jette les fondements de la constitution et du déploiement d'une force multinationale au Darfour, et nous pouvons espérer que le passage d'une force de l'Union africaine à une force des Nations Unies se fera sans entrave », a déclaré John Bolton.

Devant le Conseil, la Chine a réitéré son soutien au déploiement d'une force de l'ONU mais a regretté le déroulement d'un vote avant que le gouvernement soudanais ne donne son accord. « La transition vers une mission de l'ONU est une bonne et pragmatique approche », a affirmé l'ambassadeur chinois Wang Guangya, estimant cependant qu'une telle mission ne pouvait être déployée qu'une fois le consentement du gouvernement soudanais obtenu.

Estimant que rien ne pourra se faire sans « le soutien tacite et actif » du gouvernement du Soudan, la Fédération de Russie a soutenu la tenue d'une réunion de haut niveau sur cette question au début du mois de septembre.

Le président soudanais continue d'opposer sa réticence à ce qu'il considère comme une ingérence de la part de la communauté internationale.

Dans une lettre qui lui a été adressée aujourd'hui, le Secrétaire général rappelle que les Nations Unies restent convaincues que le déploiement d'une force de l'ONU serait « la solution la plus appropriée » pour aider à la mise en oeuvre de l'accord de paix, a indiqué son porte-parole aujourd'hui à New York.

Depuis février 2003, la guerre civile au Darfour a fait au moins 200 000 morts et plus de 2 millions de déplacés. L'accord de paix signé en mai à Abuja entre le gouvernement du Soudan et une partie des mouvements rebelles n'a pas mis fin aux combats. L'insécurité et l'impunité continuent de régner au Darfour. Les massacres à grande échelle, les viols et les pillages se poursuivent.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Jan Egeland, avaient appelé lundi les membres du Conseil de sécurité à une action politique « immédiate » pour éviter une « catastrophe humanitaire sans précédent » et « des pertes massives en vies humaines » dans la région du Darfour (dépêche du 28-08-06).