Sauver Le Darfour dans le monde

Pas de Casques bleus au Darfour

Afrique Centrale Info, 31 Novembre 2006

Le président soudanais Omar al-Béchir a réaffirmé vendredi son opposition à l’envoi de Casques bleus au Darfour, au lendemain de la condamnation par l’ONU de nouvelles attaques meurtrières contre des camps de réfugiés.

"Si nous acceptons les troupes de l’ONU, l’impact sera comme celui des forces de la coalition en Irak (...) l’Irak est complètement détruit", a déclaré M. Béchir à Pékin où il doit participer ce week-end à un sommet sino-africain.

"Nous pouvons imaginer ce qu’il se passera, c’est pourquoi nous avons décidé de refuser plutôt que d’accepter", a ajouté le président soudanais, au cours d’un point de presse.

Depuis le début du conflit en février 2003 entre une rébellion locale et les milices djandjawid alliées à l’armée soudanaise, au moins 200.000 personnes ont péri des effets de la famine, des combats ou de maladie au Darfour (ouest du Soudan).

De nouvelles attaques contre des camps de réfugiés ces jours derniers ont fait de nombreuses victimes civiles dont 27 enfants de moins de 12 ans, a dénoncé jeudi le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan.

Le Conseil de sécurité a décidé le 31 août l’envoi de Casques bleus, quelque 17.000 soldats et 3.000 policiers, pour prendre la relève de la force de l’Union africaine (UA) au Darfour, sous-financée et mal équipée, mais le président soudanais Omar el-Béchir s’y oppose.

La Chine n’avait pas voté la résolution et avait souligné son opposition à l’adoption de sanctions contre le Soudan, un de ses grands fournisseurs de pétrole.

Vendredi, Omar el-Béchir s’est félicité des relations de son pays avec Pékin dont il a loué la diplomatie.

"Nous apprécions le soutien que la Chine a apporté au Soudan au Conseil de sécurité", a déclaré le président soudanais.

"La Chine n’a pas d’ambition politique (...) la Chine ne s’ingère pas dans les affaires internationales", a-t-il estimé.

Jeudi, le président chinois Hu Jintao a toutefois demandé à Omar el-Béchir d’oeuvrer pour "améliorer la situation humanitaire" du Darfour. La veille, les Etats-Unis avaient renouvelé pour un an les sanctions contre le Soudan.

En matière de politique internationale, la Chine n’a ni principes, ni morale. Désormais, tout est axé sur le business. Beijing soutient le régime soudanais en raison du potentiel pétrolier qui existe dans ce pays, quitte à fermer les yeux sur le génocide en cours au Darfour. De la même façon, il soutient l’Iran et le Hezbollah libanais en fournissant des armes.

Khartoum profite à fond de cette stratégie.