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Blair met en garde Khartoum contre un rejet de l'opération ONU-UA

Le Soleil, 22 Novembre 2006

Le premier ministre britannique Tony Blair a averti mercredi le gouvernement soudanais qu'il encourait le risque de «mesures plus sévères» s'il n'aidait pas à la mise en oeuvre au Darfour de l'opération hybride entre l'ONU et l'Union africaine (UA) dont il a accepté le principe.

«La seule solution est de s'assurer que l'accord (...) soit mis en oeuvre», a déclaré M. Blair lors de la séance hebdomadaire de questions au gouvernement à la chambre des Communes.

«Si le gouvernement (soudanais) ne saisit pas l'opportunité, alors nous devrons considérer des mesures plus sévères», a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan avait annoncé jeudi dernier, à l'issue de longues discussions à Addis Abeba, notamment avec une délégation soudanaise et l'UA, que le Soudan avait «accepté» le «principe d'une opération hybride» ONU-UA au Darfour.

Mais le gouvernement soudanais a affirmé deux jours plus tard qu'il «n'avait pas accepté» un déploiement de Casques bleus au Darfour, en proie à une guerre civile, et que l'ONU n'offrirait qu'une assistance technique.

Le Soudan et l'ONU s'opposent sur la nature des forces internationales chargées de rétablir la paix dans cette province à la place de la force de l'UA, constituée de quelque 6.000 soldats rwandais et nigérians, sous-financée et mal équipée.

«Il est important que nous maintenions la pression sur le gouvernement soudanais», a affirmé M. Blair. «C'est une situation très, très sérieuse. Nous avons devant nous la perspective d'une avancée, mais il faut la saisir.»

M. Annan a dit attendre pour mercredi une réponse du gouvernement soudanais sur cet accord de principe. Khartoum a demandé des précisions sur la dimension et le mandat de la force envisagée, et sur le rôle du représentant spécial chargé du contact avec l'ONU et l'UA.

Le Darfour, région de l'ouest du Soudan, est depuis février 2003 le théâtre d'une guerre civile qui a fait, selon l'ONU, au moins 200 000 morts et 2,5 millions de déplacés.