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Soudan: des rebelles du Darfour ont participé à des attaques au Kordofan-Sud

Afp, 19 Juillet 2011

Un groupe rebelle du Darfour, le Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM), a affirmé avoir mené des attaques en coopération avec les forces antigouvernementales locales au Kordofan-Sud contre les positions de l'armée dans cette région du Soudan.

C'est la première fois que le JEM, le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour, annonce avoir combattu aux côtés des milices alignées sur le Soudan du Sud, dans cet Etat ethniquement divisé du Soudan, en proie depuis le 5 juin à de violents affrontements.

"Dans une opération commune réalisée aujourd'hui (lundi) par les troupes du JEM et la branche nord de la SPLA (l'Armée populaire de libération du Soudan), nous avons attaqué les camps des SAF (Forces armées du Soudan) à Pisea, à 25 kilomètres au sud de Kadougli (la capitale du Kordofan-Sud)", a déclaré dans la nuit de lundi à mardi à l'AFP Al-Tahir al-Fatih, l'un des hauts dirigeants du JEM.

"Nous avons pris le contrôle de ces camps et l'armée s'est retirée", a-t-il ajouté, précisant que les rebelles avaient tué plus de 100 soldats et saisi beaucoup d'armes et de munitions et n'avaient perdu qu'un seul homme, malgré les bombardements des hélicoptères et des avions Antonov de l'armée.

Le porte-parole de l'armée soudanaise n'était pas disponible dans l'immédiat pour commenter ces informations, qui n'ont pas pu être vérifiées par ailleurs.

Le Soudan du Sud a proclamé son indépendance le 9 juillet et les observateurs estiment que l'opposition dans les régions périphériques du Soudan, comme le Kordofan-Sud et le Darfour (ouest), pourraient s'accroître après la sécession du Sud.

Selon un rapport interne de l'ONU, consulté par l'AFP, les attaques systématiques de l'armée et des autres forces de sécurité soudanaises contre des civils de l'etnie Nuba au Kordofan-Sud pourraient constituer des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre. Des accusations qui ont été démenties par Khartoum qui affirme faire face à une rébellion intérieure.

La semaine dernière, le JEM avait évoqué la possibilité d'une nouveau raid sur la capitale soudanaise.

"Ceux qui ont mené l'attaque héroïque sur Omdurman et terrorisé le régime du président soudanais Omar el-Béchir sont capables de répéter la même attaque avec l'aide de leurs partenaires", a prévenu le groupe dans un communiqué.

Les rebelles du JEM avaient lancé en mai 2008 une attaque sans précédent contre la ville jumelle de Khartoum, Omdurman, mais avaient été repoussés par les forces de sécurité à l'issue d'intenses combats qui ont fait 220 morts.