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Darfour: encore des affrontements, mais le calme revient

Afp, 22 Juillet 2011

Des affrontements continuent de se produire au Darfour, région de l'Ouest du Soudan, mais la situation est en voie de se calmer, a souligné vendredi devant le Conseil de sécurité le représentant spécial de l'ONU et de l'Union africaine Ibrahim Gambari.

"Les affrontements intermittents en cours continuent d'affecter négativement la situation humanitaire" avec le déplacement de 60.000 à 70.000 personnes, a expliqué M. Gambari.

Sur les 7 millions d'habitants du Darfour, 1,8 million vivent encore dans des camps pour déplacés, a-t-il souligné.

Mais M. Gambari a souligné que des "progrès considérables" avaient été accomplis lors des négociations à Doha (Qatar) depuis mai entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles. "Les affrontements et les déplacements (forcés) de personnes sont maintenant à la baisse", a-t-il expliqué.

"Tous les efforts devraient porter sur la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" entre les troupes de Khartoum et les rebelles, a-t-il dit.

"Il y a un impératif de paix urgent car les populations du Darfour ont souffert beaucoup trop longtemps et trop durement", a-t-il dit.

M. Gambari a cependant insisté sur le fait que des attaques se produisaient encore de façon occasionnelle contre les personnels de l'ONU. "De tels actes constituent des crimes de guerre et ne devraient pas rester impunis", a-t-il dit.

La force de maintien de la paix de l'ONU et de l'Union africaine (Unamid) continue néanmoins ses patrouilles. Elle en a effectué un total de 3.999 du 1er avril au 30 juin, a-t-il indiqué.

Vaste région de l'ouest du Soudan, le Darfour est en proie depuis 2003 à une guerre civile qui a fait 300.000 morts, selon les estimations de l'ONU (10.000 selon Khartoum), et 1,8 million de déplacés.

Le gouvernement de Khartoum a signé le 14 juillet à Doha un accord de paix avec un groupe rebelle du Darfour, le Mouvement pour la libération et la justice (MJL), une coalition de petits groupes rebelles sans capacité de nuisance sur le terrain.

Mais le Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM), le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour, qui a participé à une partie des négociations, a refusé de signer, rendant aléatoire la mise en application de l'accord.