Sauver Le Darfour dans le monde

El-Béchir nargue à nouveau la CPI

Radio Canada, 27 Août 2010

Omar El-Béchir a défié une nouvelle fois la Cour pénale internationale (CPI) en se rendant au Kenya, où il a pris part vendredi à la cérémonie de promulgation de la nouvelle Constitution.

Le geste a provoqué l'ire de la CPI, qui compte deux mandats d'arrêt contre le président soudanais pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour. Ces accusations ont toujours été réfutées par le dirigeant soudanais.

Le président de l'Assemblée des États reconnaissant la CPI a accusé le Kenya d'avoir violé ses obligations pour n'avoir pas procédé à l'arrestation d'El-Béchir. Le Kenya avait l'obligation de l'arrêter, a souligné l'ambassadeur du Liechtenstein à l'ONU, Christian Wenaweser, qui préside l'Assemblée des États parties au Statut de Rome, document fondateur de la CPI.

La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, avait demandé, plus tôt vendredi, aux autorités kenyanes d'arrêter le président soudanais.

Dans un communiqué de la Maison-Blanche, le président américain Barack Obama s'est dit déçu que le Kenya ait reçu le président soudanais Omar El-Béchir au mépris des mandats d'arrêt de la CPI.

Le nom du président soudanais ne figurait pas sur la liste officielle des chefs d'État attendus, mais il est apparu souriant et détendu parmi d'autres dirigeants africains, avant de rentrer à Khartoum sans être inquiété.

Nairobi a justifié l'invitation du président soudanais en tant que voisin. Le pays est signataire du traité fondateur de la CPI et il était théoriquement dans l'obligation d'arrêter le président soudanais.

Les pays africains ne sont pas de cet avis. En juillet, lors de son sommet à Kampala, l'Union africaine avait critiqué et demandé la suspension du mandat d'arrêt de la juridiction internationale contre le président El-Béchir.