Sauver Le Darfour dans le monde

Obama "déçu" que le Kenya ait reçu le président soudanais Omar El-Béchir

Roamndie News, 27 Août 2010


VINEYARD HAVEN (Etats-Unis) - Le président des Etats-Unis Barack Obama a dit vendredi être "déçu" que le Kenya ait reçu le président soudanais Omar El-Béchir "au mépris des mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale", dans un communiqué de la Maison Blanche.

Tout en félicitant les Kényans pour la promulgation de leur nouvelle Constitution, M. Obama, né aux Etats-Unis de père kenyan, a affirmé être "déçu que le Kenya ait accueilli le président soudanais Omar El-Béchir au mépris des mandats d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre, crimes contre l'Humanité et génocide".

"Le gouvernement du Kenya s'est engagé à coopérer pleinement avec la CPI, et nous estimons qu'il est important que le Kenya honore ses engagements vis-à-vis de la CPI et de la justice internationale", a ajouté le président américain, qui est actuellement en vacances à Martha's Vineyard (Massachusetts, nord-est).

"Au Kenya et ailleurs, la justice est un ingrédient essentiel d'une paix durable", a expliqué M. Obama.

Bien que le Kenya soit signataire du traité fondateur de la CPI, il a invité vendredi le président soudanais aux cérémonies de promulgation de sa nouvelle Constitution.

Le président soudanais, dont le nom ne figurait pas sur la liste officielle des chefs d'Etat attendus, est apparu souriant et détendu, serrant la main aux autres dirigeants africains présents. Il est ensuite reparti dans son pays sans avoir été inquiété.

La Cour pénale internationale (CPI) a "informé" le Conseil de sécurité de l'ONU de ce déplacement afin que "toute mesure jugée opportune" soit prise. Le Kenya a justifié cette invitation car Béchir est un "voisin", a expliqué le ministre des Affaires étrangères Moses Wetangulai.

De son côté, le président de l'Assemblée des Etats reconnaissant la CPI a affirmé que le Kenya avait violé ses obligations en n'arrêtant pas M. Béchir.

Le Kenya avait "l'obligation d'arrêter le président Béchir, d'un point de vue juridique c'est très clair", a déclaré l'ambassadeur du Liechtenstein à l'ONU, Christian Wenaweser, qui préside l'Assemblée des Etats parties au Statut de Rome, document fondateur de la CPI.

M. Obama a aussi félicité le Kenya pour la promulgation de sa nouvelle loi fondamentale, qui avait été adoptée le 4 août lors d'un référendum. "L'adoption et la promulgation historiques de la Constitution représente une étape importante et démontre l'engagement des dirigeants et du peuple kényan pour un avenir d'unité, de démocratie et de justice pour tous".

"Avec cette Constitution, les Kényans montrent l'exemple à toute l'Afrique et au monde", a estimé le dirigeant américain.