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Indépendance du Sud-Soudan: une commission suggère le report du référendum

Afp, 05 Août 2010

Le référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan, prévu pour janvier 2011, devrait être reporté en raison du manque de temps, a estimé dimanche un membre de la commission chargée de le préparer.

"Il ne reste pas assez de temps pour tenir ce référendum" a déclaré à l'AFP Tarek Osman al-Taher, en plaidant pour un "report". "La commission va commencer à prendre les mesures pour que le référendum se tienne dans les délais, mais nous devons prévenir nos partenaires des difficultés", a-t-il dit.

Les Sud-Soudanais doivent voter sur un référendum d'indépendance, point capital de l'accord de paix global (CPA) ayant mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile particulièrement sanglante entre le Nord et le Sud du pays.

Le président Omar el-Béchir, reconduit au pouvoir en avril, a régulièrement promis que ce référendum se tiendrait à la date prévue.

Mais M. Taher a fait état de "réelles difficultés", en particulier le fait que sa commission, "qui aurait dû être formée en 2008 n'avait été constituée que depuis un mois seulement".

"Compte tenu de ces difficultés, certains pensent que le référendum devrait être reporté", a-t-il ajouté sans toutefois donner d'estimation du délai qui pourrait être nécessaire.

Néanmoins, le secrétaire général des ex-rebelles sudistes du SPLM (Mouvement populaire de libération du Soudan), Pagan Amum, a protesté contre les tentatives de reporter le référendum.

"Toute proposition de reporter le référendum sera considérée comme une violation du CPA et menacerait l'ensemble du processus de paix au Soudan", a-t-il déclaré devant des journalistes, estimant qu'il restait assez de temps pour organiser le scrutin.

Il a averti que la région semi-autonome du Sud-Soudan aurait recours "à d'autres mécanismes pour exercer son droit à l'autodétermination (...)" face à "toute tentative de reporter ou d'entraver ce référendum". Il n'a pas précisé ces "mécanismes".

Les députés ont approuvé le 28 juin la composition de la commission de neuf personnes n'appartenant à aucun parti politique, présidée par l'avocat Mohamed Ibrahim Khalil, ancien ministre des Affaires étrangères dans les années 60 et président de l'Assemblée nationale de 1986 à 1988.

Cette instance est chargée d'organiser l'enregistrement des électeurs sur les listes de vote et d'assurer la logistique électorale, une tâche ardue après les élections générales soudanaises d'avril dernier qui avaient été minées par des accusations de fraudes et de vastes problèmes d'organisation.