Sauver Le Darfour dans le monde

Violents affrontements

Radio-canada, 26 Avril 2010

Au moins 55 personnes ont été tuées et 85 autres blessées, vendredi, lors d'affrontements entre l'armée du Sud-Soudan et des tribus du Darfour à la frontière de ces deux régions, a affirmé dimanche un chef tribal.

Selon un chef de la tribu arabe Rezeigat, établie au Darfour, les nomades arabes cherchaient un pâturage et de l'eau pour leur bétail près de la frontière avec l'État sudiste de Bahr al-Ghazal occidental.

De son côté, le porte-parole de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), l'armée du Sud-Soudan, affirme qu'elle a été attaquée par des soldats de l'armée du Nord-Soudan, plutôt que par des membres des tribus nomades Rezeigat.

L'armée soudanaise a toutefois nié avoir été impliquée dans des combats avec les forces sudistes.

Le vice-gouverneur de l'État sudiste du Bahr al-Ghazal occidental, Omar Jumaa, a déclaré à l'Agence France Presse qu'il « y a eu des victimes des deux côtés », laissant sous-entendre que le bilan des victimes pourrait s'alourdir.

Ces violences surviennent au moment où les Soudanais sont en attente des résultats des premières élections législatives, régionales et présidentielle, depuis 1986. Mais, personne n'a fait le lien entre le scrutin et les combats à la frontière du Darfour et du Sud-Soudan.

Les élections ont déjà été perturbées par des boycottages, et l'opposition craint des irrégularités.

Le sud du pays a un statut semi-autonome et dispose de sa propre armée depuis l'accord de paix conclu en 2005 après 20 ans de guerre civile.

Selon des résultats partiels, le parti du chef de l'État sortant, le général-président Omar al Béchir, est nettement en avance dans le Nord. Dans le Sud, ce sont les anciens rebelles du Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS) qui seraient en tête.

Le Sud-Soudan doit se prononcer par référendum sur son indépendance le 9 janvier prochain.