Sauver Le Darfour dans le monde

Les 2 otages français écoutaient RFI

Le Figaro, 15 Mars 2010

Les deux humanitaires français enlevés il y a près de quatre mois en République centrafricaine et libérés dimanche dans le Darfour soudanais, ont craint pour leur vie et écouté RFI afin de tenir bon, selon leurs déclarations faites cette nuit.

"Il y a eu (des menaces) puis le ton s'est calmé. Des fois ça repartait lorsqu'ils (les ravisseurs) s'impatientaient. Au début on a senti que notre vie était en danger", a déclaré Olivier Denis à un petit groupe de journalistes à la sortie d'un hôpital militaire de Khartoum.

Olivier Denis et Olivier Frappé, deux humanitaires travaillant pour l'ONG française Triangle GH, avaient été capturés par des hommes armés le 22 novembre, il y a près de quatre mois, dans l'est de la République centrafricaine, près de la frontière avec le Tchad et le Darfour soudanais.

"On écoutait RFI (Radio France Internationale), on remercie d'ailleurs Yasmine Chouaki avec son émission, parce que ça nous a changé les idées. Il n'y avait pas grand-chose à faire au quotidien", a expliqué Olivier Denis, longue barbe fournie, comme son compagnon, ce qui leur donne des airs de jumeaux.

"Nous n'étions pas maltraités mais évidemment dans la tête il se passe énormément de choses. On sait qu'il y a des gens qui poussaient pour que ça aille vite, il y a un peu d'impatience évidemment, mais on se débrouille, on était deux, c'est déjà une chance", a-t-il ajouté.

L'enlèvement des deux Français avait été revendiqué par un groupe du Darfour disant s'appeler les "Aigles de libération de l'Afrique" et peu connu jusqu'alors.
Ce même groupe avait également revendiqué le rapt, début novembre, d'un autre Français, Laurent Maurice, un agronome du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui a été libéré début février.

Le Franco-britannique Gauthier Lefèvre, employé du CICR enlevé en octobre dans l'ouest du Darfour près de la frontière du Tchad, est le seul étranger encore en captivité dans cette région.